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Exposition Diaspora au musée du quai Branly : << Diaspora dispersion >>

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Du 2 octobre 2007 au 6 janvier 2008, le musée du quai Branly présente l’exposition sensorielle « Diaspora », sur une idée originale de la cinéaste Claire Denis. Impressions.

Ayant vécu son enfance au Cameroun et son adolescence en France, la cinéaste Claire Denis entretient depuis toujours un rapport particulier à l’Afrique. C’est ainsi qu’elle a imaginé l’exposition « sensorielle » qui se tient actuellement au musée du quai Branly. Plus qu’un récit d’exils et de déracinements, la cinéaste, ainsi qu’une équipe composée d’une dizaine d’artistes, se sont interrogées sur l’apport, l’enrichissement et l’intégration de la culture africaine au sein des cultures occidentales. Impressions…

L’immersion est curieuse. Un détour obligatoire par l’exposition sur le Bénin s’impose d’abord au visiteur qui comprend tardivement qu’il s’agissait non pas d’un long prologue sur la diaspora africaine mais simplement d’une exposition bien distincte.

Ambiance sombre, quelques projections de lumières, des couleurs éparses, une musique de tambours africains en arrière-fond, nous pénétrons enfin dans l’exposition sur la Diaspora comme dans une courte expérience visuelle. Le visiteur se perd dans quelques « cases » organisées comme de brèves unités thématiques.

Ensuite, un peu brouillé dans ses repères, le « regardant » comme le baptise Agnès Godard (un autre membre de la famille du cinéma qui a réalisé une fresque pour l’exposition) fait ses premiers pas diasporiques dans une quasi-obscurité tremblante de percussions rythmées. Le visiteur erre ainsi au gré d’un labyrinthe cubique au sein duquel il croise à plusieurs reprises le visage familier de Lilian Thuram contant son expérience de l’Occident en tant que « Noir », et on le suppose aussi, en tant que citoyen désormais connu pour son combat contre le racisme. Plus loin une pièce courbe aux allures de vaisseau spatial accueille l’œuvre de Jean-Pierre Bekolo, Une Africaine dans l’espace, documentaire sur les « démarches de la diaspora africaine en Amérique ».

D’autres rencontres : les parures exotiques créées par John Galliano, une pièce réservée aux témoignages d’enfants originaires d’Afrique, une autre témoignant de l’influence africaine dans l’art de la danse, et une intrigante « salle d’eau » formée par cinq panneaux sur lesquels sont projetés des images d’eau rappelant le lac Nasser. Le mélange est du moins déroutant.

Les œuvres contemporaines créées pour l’occasion ne sont pas inintéressantes et encore moins vides de puissance. Pourtant, la magie de la découverte n’opère qu’à moitié. Le visiteur cherche en vain l’unité de l’exposition qui donne l’impression d’un mélange bien intentionné qui aurait oublié, dans sa vision occidentalo-centrée, que la diaspora africaine est beaucoup plus qu’une simple influence dans l’art occidental.

Ainsi, on regrette surtout que la thématique de la diaspora africaine soit aussi peu approfondie et au final survolée via quelques brides culturelles séculaires réunies au détour d’une exposition pourtant prometteuse.


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