En toute liberté, une radio pour la paix

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Une radio pour la paix et l’entente dans un Moyen-Orient dévasté par Daesh.

Reconstruire le lien

Ce film très émouvant fait partie d’une trilogie sur la reconstruction du lien et de la paix en Irak et en Syrie après la tourmente de l’État islamique et des guerres qui ont ravagé les pays. Après 9 jours à Raqqa, En toute liberté est donc le deuxième volet en attendant le troisième. Si le premier volet était consacré à la politique, le second est dédié aux médias, notamment la radio mais bien sûr le cinéma documentaire puisque le réalisateur accompagne en filmant les journalistes sur le terrain. Et le troisième volet sera éducatif et culturel, inutile de dire que nous l’attendons avec impatience. L’Occident a assisté à ce massacre au Moyen-Orient entre stupeur et terreur, de manière encore plus prégnante que de nos jours vis-à-vis de l’Ukraine. Nos coeurs prisonniers des médias menteurs se seraient-ils endurcis ? D’ailleurs l’accusation est très nette chez tous les témoins que les journalistes rencontrent en Irak dans ce documentaire : tous accusent les politiques et les médias d’avoir menti et d’avoir manipulé les chiites contre les sunnites, les chrétiens contre les musulmans, etc. pour parvenir à cette destruction massive qui marque hélas le déclin d’une civilisation. 

Reconstruire le pays

Mais le film veut nous redonner espoir et, du coup, les villes martyres seront reconstruites à l’identique ou presque, et ça nous pose question sur l’absurdité de toute guerre bien évidemment. Ce constat amer est d’ailleurs sur toutes les lèvres tout au long du film. Au nord de l’Irak, sept jeunes journalistes, musulmans, chrétiens et yézidis, tendent leurs micros à ceux qui veulent la paix. Ils travaillent pour Radio Al-Salam, antenne affranchie d’influences politiques et religieuses. En toute liberté, des voix s’élèvent sur les ondes et font renaître le lien au sein d’une nation. Cette radio a été créée grâce à la France pour tenter de redonner vie et paix à cette région ravagée. L’écrivain Sylvain Tesson a ouvert l’antenne de Radio Al Salam en 2015, à Pâques, en diffusant un message de Jean d’Ormesson. Depuis ce jour-là, Radio Al-Salam donne une voix aux réfugiés, déplacés, internés et retournés du nord de l’Irak. Elle les informe et leur donne la parole en permettant aux victimes du conflit de s’exprimer sur ses ondes, et promeut un message de tolérance envers toutes les communautés. Xavier de Lauzanne a rencontré les sept journalistes de la radio et le film commence par une conférence de rédaction.

 

Reconstruire la paix

Chacun a choisi un reportage et le réalisateur les suit l’un après l’autre, entrecoupé d’entretiens. De religions et de langues différentes, ils racontent chacun à leur tour que cette radio est devenue pour eux une sorte de famille. Ils s’appellent : Fabian Noel, Hani Menzaljy, Ronza Salem, Naveen Simoqy, Shahad Alkhoury, Samir Harboy, Meethak Al Khatib, soutenus par la journaliste française Sophia Aram qui prête sa voix au film et qui déclare : « Je n’ai pas hésité un seul instant tant j’ai été touchée par le film et j’ai surtout trouvé qu’il était porteur d’un message d’espoir précieux dans ces périodes tourmentées. » In fine, un film magnifique tant sur le plan des images de Vincent Villa qui s’est aussi occupé du son, que sur la plan des idées et du débat qu’elles peuvent faire naître, pleines d’harmonie et d’espoir et pas seulement pour l’Irak et la Syrie. « En revanche, par mon observation distanciée du réel et par la manière de mener mon récit au montage, déclare le réalisateur, j’essaye de transformer une situation particulière en cause universelle. »

 

 

Réalisateur :

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Durée : 90 mn


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