Coeurs purs

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Histoire d´amour entre deux coeurs purs, le film paraît trop timide pour devenir une parabole de la pureté.

Travail basé sur l’improvisation

Après deux courts métrages, Bassa marea, en 2010, et Alice, en 2011, présentés à la Mostra de Venise, Roberto De Paolis, vidéaste et photographe, livre ici son premier long métrage. Réalisé comme un documentaire, et sur la base d’un grand travail basé sur des improvisations, Cœurs purs est un beau film d’amour, mais pas seulement. C’est justement parce que le réalisateur veut lui conférer de toute force une signification sociale et politique qu’il perd un peu de sa substance et confine parfois au procédé. C’est dommage, car il aurait pu donner naissance à un énième Roméo et Juliette talentueux. Mais en s’immergeant, comme il le précise dans le dossier de presse, dans la structure sociale de la ville, son propos s’affadit car il ne parvient pas à se dégager des influences modernes, propres au téléfilm ou au film social. Il n’en demeure pas moins que, malgré ses défauts, Cœurs purs est un film attachant qui promet pour la suite de la carrière de Roberto De Paolis surtout qu’il s’appuie sur deux magnifiques acteurs, venus de la télévision et du théâtre, qui s’imposent grandement à l’écran. Le beau jeune homme ténébreux, Stefano (Simone Liberati), va choisir de changer sa petite vie de truand à la petite semaine et gardien de parking squatté par des Roms par amour pour Agnese, une jeune fille ardemment catholique, interprétée par une Selene Caramazza un peu moins inspirée, mais très touchante en jeune fille coincée.
 


Un scénario un peu trop convenu

Le couple fonctionne bien, mais on dirait qu’il est hélas basé sur un canevas purement de circonstance. Contrairement aux films néoréalistes italiens dont il pourrait largement être l’héritier, Cœurs purs ne repose pas sur un scénario très crédible : Pourquoi ce parking où l’on ne voit jamais entrer une seule voiture ? Pourquoi ce chef dealer caricatural ? Pourquoi cette mise en scène souvent assez paresseuse qui laisse trop de détails dans l’ombre ? Pourtant on aimerait que le film décolle vraiment et nous emporte dans un monde soit vraiment brutal, soit vraiment romantique. Mais le réalisateur, peut-être un peu intimidé par sa tâche, reste dans un entre-deux même et y compris dans la scène finale qui aurait pu être mieux maîtrisée.

Un social trop encombrant et peu réaliste

En s’appuyant trop sur un social qui, contrairement aux films de Lino Brocka par exemple qui pourraient servir d’exemples au jeune réalisateur italien, reste quand même assez éloigné d’une certaine réalité que le film voudrait cependant dépeindre. Stefano est montré comme un personnage qui a peur, qui souffre mais l’amour qu’il ressent pour Agnese ne le rend pas meilleur, même s’il la respecte malgré le désir qu’il a pour elle. Restent ces Cœurs purs qui rendent hommage nolens volens à l’église catholique représentée ici, non par un dogme pesant, mais par une lumière qui baigne tous les propos du prêtre philosophe qui donne à sa paroisse un supplément d’âme. Ces cœurs purs sont bien évidemment ceux de Stefano et d’Agnese, « des cœurs pleins de détermination, peu enclins au mystère ni disposés à devenir autre chose que ce qu’ils sont, déclare le metteur en scène dans le dossier de presse. Ce sont des "cœurs parfaits", enfermés dans des cages de verre. Le besoin de sortir de leurs cages, de se salir, d’échapper à eux-mêmes, les amène à converger l’un vers l’autre. Pour s’aimer l’un l’autre, pour se confronter à eux-mêmes aussi, ils doivent accepter de corrompre leur idée de pureté. »

Titre original : Coeurs purs

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Acteurs : ,

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Durée : 115 mn


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