Chambre 1408

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Dernière adaptation d´un roman de Stephen King énergique et rondement menée.

Les petites séries B n’ayant pour autres ambitions que de divertir leur public ont tendance à se faire rare sur nos écrans. Entre les grosses prod’ à la 300 ou Transformers, et les purs films horrifiques style 30 jours de nuit ou Hostel 2, se cachent des pelloches fleurant bon les années 80. Raison de plus pour ne pas bouder son plaisir devant Chambre 1408.

Dernière adaptation en date d’une des nouvelles du King, Chambre 1408 nous raconte l’histoire d’un écrivain de romans d’épouvante, écumant les maisons hantées et les cimetières tout en ne croyant pas un seul instant aux fantômes et aux esprits. Jusqu’au jour où il découvre l’existence d’une chambre d’hôtel où se sont produites de nombreuses morts inexpliquées. Sur ce pitch basique et mainte fois visité, le réalisateur Mikael Hafström va se focaliser sue la chambre dite en évitant avec brio les stéréotypes du genre pour concocter une antichambre de l’enfer assez efficace.

Avec son air goguenard et moqueur, John Cusack, toujours aussi bon, plonge avec délice dans le cauchemar introspectif et kafkaïen de la fameuse chambre. Sans recourir aux spectres d’usage ou aux effets stroboscopiques récurrents, le metteur en scène imagine son film comme un conte métaphysique où le protagoniste affrontera ses démons. N’éclaircissant jamais ce qui se passe à l’écran (la chambre est-elle vraiment hantée ou bien n’est-ce que l’imagination de Cusack ?), Hafstrom se permet de belles digressions sur les possibles débordements cérébraux de l’écrivain (ah ! le spectre de Shining). La scène des fenêtres sur la corniche avec le plan de l’étage où la chambre est isolée est très drôle, tout comme les séquences de l’apparition du père dans la salle de bains ou le double de Cusack chez le voisin rendent hommage au Locataire de Polanski.

Il n’y a bien que la fin qui pêche un peu, faux twist en recélant un autre, mais ce genre d’histoire a toujours eu des difficultés pour boucler la boucle. Chambre 1408 ne prétend pas à l’excellence mais se veut juste un petit film énergique et rondement mené. Objectif atteint, pas plus, pas moins.

Titre original : 1408

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Durée : 104 mn


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