Caiti blues

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Caiti, petite chanteuse du fin fond du Nouveau Mexique, croit en sa voix(e)…

Caiti n’est pas une star

Caiti n’est pas une star, juste une petite chanteuse qui travaille dans un bar paumé d’un quartier de Madrid au Nouveau Mexique. Quelqu’un qui pourrait évoquer la fameuse chanteuse automate de la célèbre comédie musicale Starmania. Mais Caiti a une voix et elle anime aussi une émission de radio locale où elle parle d’elle, de son invisibilité, de ses difficultés à être aimée, de politique puisque l’Amérique connait à ce moment-là une dérive populiste qui fait peur à tout le monde. Mais surtout, ce qu’elle fait de mieux, Caiti, c’est chanter et écrire des chansons. L’une d’elle dit en substance : « Je ne peux ni rester ni partir, j’ai seulement besoin de respirer. » C’est vrai qu’on respire mal dans ce sorte de désert où la neige peut tomber tout à trac, où la solidarité s’exerce aussi dans ce théâtre où ses amies et elles se produisent dans de petits spectacles où ils donnent libre cours à leur excentricité en portant des costumes surréalistes, jouant notamment sur l’ambiguïté sexuelle. 

   

Une audition enfin

Mais Caiti veut chanter, elle n’ose pas l’avouer, elle veut devenir célèbre. Un jour, elle décroche une audition et se présente devant les directeurs artistiques qui, à sa grande surprise, l’engage. Elle revient très heureuse à Madrid pour fêter ça avec ses amis. A travers ce documentaire intimiste et tendre, Justine Harbonnier nous dresse le portrait d’une femme attachante et d’un pays que la folie destructrice menace. Ses précédents courts-métrages explorent aussi les thèmes de la quête de soi (Il y a un ciel magnifique et tu filmes Angèle Bertrand, 2014) et de la transformation sociale d’un territoire (Andrew Keegan déménage, 2016). Caiti Blues (2023) est son premier long-métrage et il continue d’explorer ces réflexions. Alors qu’elle finalise actuellement le court-métrage Les Enfants vont bien, son second long-métrage La Simulation se tournera l’année prochaine.

Entre désillusions et espoirs…

Associée à Léna Mill-Reuillard, la réalisatrice nous offre une magnifique image et son film présenté à l’ACID est plein de qualités. « Un rêve à bout de souffle dont la voix de Caiti, lucide et mélancolique, témoigne pour mieux s’en libérer, loin des strass et des paillettes, constatent Théodora Barat, Patrice Chagnard et Idir Serghine, cinéastes de l’ACID. Alors, au grès d’une parole qui se fait tantôt haïku ou cris du cœur, Caiti Blues s’attache à nous raconter avec élégance une certaine respiration du monde. Entre désillusions et espoirs. »

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Durée : 84 mn


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