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Black Sheep

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Un film joyeusement gore et sérieusement déconnant, Monthy Python version Zombie !

Terrifié par les moutons, Henry revient dans la ferme familiale afin de la vendre à son frère aîné. Ce dernier y mène des expériences génétiques à haut risque. Quand un groupe d’activistes écologistes libère un agneau mutant, des milliers de moutons se transforment peu à peu en de sanguinaires prédateurs.

Black Sheep est le genre de film comme on n’en voit plus. N’ayant que faire du bon goût et du comique qui ne tâche pas, ce premier film néo-zélandais de Jonathan King est une insulte à toutes les comédies propres sur elles et un hommage aux films d’horreur déglingués des années 80 (hommage aux premiers délires de Peter Jackson que sont Bad Taste et Brain Dead).

Dans la série des expériences animales qui tournent mal nous avions eu le droit à à peu près tout, de la mouche au dinosaure, en passant par les insectes, les chiens et mêmes les serpents. Mais s’attaquer à celui qui ne ferait pas de mal à une mouche est en soi une idée suffisamment démente pour que l’on s’y attarde avec un futur plaisir coupable dans le coin de la tête. Et avec raison.

Ayant pour cadre les paysages magnifiques de la Nouvelle-Zélande, pâtures, forêts et tutti quanti, Jonathan King espère compenser avec la violence et la brutalité peu communes qui animent ses moutons. Utilisant les ficelles du film rural avec sa cohorte de personnages ancrés dans leur quotidien, le petit frère peureux, l’aîné, propriétaire bête et arriviste, le vieux pote paysan et son couple d’écolos un poil caricaturaux, le réalisateur installe son théâtre du grand n’importe quoi.

Car il faut bien remonter à Evil Dead 2 de Sam Raimi ou à Brain dead pour retrouver cette folie qui anime chaque séquence horrifique. Si vous avez pris plaisir à voir Ash (héros de la série des Evil Dead) se battre avec sa main possédée ou le massacre final à la tondeuse à gazon de Brain Dead, alors Black sheep est pour vous. Ne doutant pas de l’intelligence du spectateur à prendre du recul sur cette œuvre hautement déconnante, King ne recule devant aucun excès et va jusqu’au bout de son histoire totalement imprévisible. En effet qui pourrait imaginer l’accouplement d’un mouton et d’un homme ou un sexe mutant arraché par un parterre de moutons carnivores…

Le film surprend d’autant plus que le rythme, de par son format assez court (80 minutes), est assez soutenu. Pas le temps de se dire que cette scène est dingue, une autre arrivant tout de suite après et enchaînant sur une troisième. Fourmillant ainsi de trouvailles sur les situations de panique des humains, les deux héros plongent dans un trou à déchets rempli de fœtus mutants avortés, et sur les possibles mutations des bébêtes, les scènes dans le labo renvoient directement à Re-Animator de Stuart Gordon avec sa Dita Von Teese de la génétique, et s’appuyant sur une réalisation carrée et efficace, ce film est un idéal de bobine décérébrée et intelligente.

Bref, Black Sheep appartient à cette espèce rare qui convainc de la croyance de son réalisateur au genre horrifique-n’importe nawak avec un sérieux assumé.

En passe de devenir un futur (redondant? j’enleverai peut etre futur…) film culte.

Titre original : Black Sheep

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Durée : 87 mn


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