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13e Festival du cinéma méditerranéen de Bruxelles

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Du 5 au 12 décembre, Bruxelles ouvre ses portes aux cinémas méditerranéens.

Pour sa 13e édition, le Festival du cinéma méditerranéen de Bruxelles, autrement dit Cinemamed, mettra une fois de plus en avant le cinéma du Sud, métissé et multiculturel. Son enjeu n’est jamais moindre, en témoigne la récente sortie de La Marche de Nabil Ben Yadir, qui démontre que le sujet de l’immigration reste toujours actuel. Dans cette perspective, Cinemamed célèbrera les cinquante ans des immigrations turque et marocaine en Belgique.

 

   
When I Saw You de Annemarie Jacir
 

En compétition pour le Grand Prix, le Prix Spécial et le Prix Cineuropa, huit longs métrages de fiction aux origines variées – Maroc, Serbie, Croatie, Palestine, Italie, Turquie – se côtoieront avec un seul et même objectif, qui dépasse tout esprit de concurrence : le partage et la découverte de nouvelles cultures, le plus souvent sur fond de problématiques sociales animant souvent malheureusement ces pays.

Les rapports humains et les obstacles qu’ils rencontrent seront analysés ou, en tous cas, mis en avant par l’œil incisif de la caméra. Ainsi, dans L’Armée du Salut (Abdellah Taïa), un adolescent tombe amoureux de son frère aîné au sein d’une famille nombreuse. Un amour plus qu’impossible. Plus sombre encore, Circles, du serbe Srdan Golubović, trace le parcours d’un soldat serbe revenu de la guerre des Balkans, les blessures toujours vives. Malgré sa sortie en France en septembre dernier et sa projection au Festival international du film francophone de Namur, la Belgique n’avait pas eu l’honneur de recevoir et partager le nouveau film de Claire Simon, Gare du Nord. Quelle joie, donc, de le voir à l’affiche du Cinemamed. À travers la Gare du Nord, immense lieu de passages, la cinéaste a décidé de dresser le portrait d’une société française éclectique. Halima’s Path, du croate Arsen Anton Ostojić, présente le récit d’une femme musulmane en deuil et acharnée dans la recherche vaine de la dépouille de son fils tué durant la guerre de Bosnie-Herzégovine. C’est tout un chemin qu’elle va parcourir, duquel émaneront les réminiscences d’un passé tragique et douloureux. La relation entre une mère et son fils, victimes de la guerre, sera aussi, d’une toute autre manière, le sujet du film palestinien When I Saw You de Annemarie Jacir. Une vie après la guerre, où deux réfugiés abandonnés tentent de comprendre et de survivre. C’est un film à l’apparence plus décalée que nous présente l’Italien Roberto Andò : Viva la Libertà, où l’histoire d’Enrico Oliveri, secrétaire du principal parti de l’opposition italienne, qui décide un jour de fuir la pression en se réfugiant à Paris. C’est alors le frère jumeau d’Oliveri, philosophe bipolaire tout juste sorti de l’hôpital psychiatrique, qui va prendre son identité. L’idée est attrayante, attendons désormais la projection.

 


Gare du Nord de Claire Simon
 
La sélection Panorama côtoiera celle de la Compétition, avec pas moins de quatorze films encore une fois venus de tous les horizons.

Le film de Hicham Lasri, venu du Maroc, a retenu notre attention. C’est eux les chiens interroge et crée des liens entre révoltes présentes et conflits passés. Il y est question de mémoire collective à travers l’histoire de Majhoul, qui a vécu et été fait prisonnier lors des « émeutes du pain », en 1981. Trente ans plus tard, en plein « Printemps arabe », il recouvre la liberté. Road to Kabul, comédie de Brahim Chkiri, compose avec quatre jeunes hommes, pas des plus fûtés, qui désirent se rendre aux Pays-Bas mais se retrouvent, par on ne sait encore quel contretemps, coincés en Afghanistan. On vous en dira plus bientôt. Enfin, c’est à travers Zabana!, de l’Algérien Saïd Ould-Khelifa, que le cinéma dressera un portrait historique et engagé du colonialisme dans les années 1950. Un nom, une date : le 19 juin 1956, Ahmed Zabana, indépendantiste, deviendra le premier guillotiné de la guerre d’Algérie.

Rendez-vous donc ce jeudi 5 décembre au Botanique, à Bruxelles, pour la soirée d’ouverture du Cinemamed.

Pour plus d’informations, consultez le site internet du festival.


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