Seconde jeunesse

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Le retour plein de charme de la comédie à l’italienne et de Stefania Sandrelli

Acteur, scénariste et metteur en scène

Gianni Di Gregorio est acteur, scénariste et réalisateur et il s’est fait une place de choix dans la cinéma, pas seulement italien, en reprenant les recettes de la comédie à l’italienne.
Il a écrit de nombreux scénarios, parmi les plus populaires, on compte Gomorra de Matteo Garrone. Lors de la Mostra de Venise en 2008, il remporte le prix du meilleur premier film avec Le déjeuner du 15 août puis il réalise trois ans plus tard Gianni et les femmes et, enfin, Bons à rien en 2014. Seconde jeunesse est son cinquième long-métrage et c’est celui qui semble rendre le plus hommage à la comédie à l’italienne, sans doute en partie grâce à la présence de Stefania Sandrelli qui a fait merveille chez Bertolucci, Scola, Comencini, Monicelli et tant d’autres dans les années fastes du cinéma italien (1970-1990). « Stefania Sandrelli est une figure mythique pour moi, pour tout le monde, c’est un mythe !, confie le réalisateur dans le dossier de presse du film. J’espérais tellement qu’elle accepterait ma proposition. Et puis elle a lu le scénario et l’a adoré. Elle est arrivée avec une énergie juvénile, pratiquement l’esprit d’une jeune fille. Elle a donc apporté beaucoup et nous nous sommes tous amusés malgré l’effort que représente la réalisation d’un film. »

   

Inspiré de sa vie personnelle

Quant à Gianni Di Gregorio, il tient encore une fois le rôle principal, celui d’Astolfo, professeur à la retraite, qui doit quitter son appartement romain, expulsé par la propriétaire. Désemparé et fauché, il décide de retourner au village de ses ancêtres, pour habiter le palais familial en ruines, vestige d’un patrimoine que chacun tente de s’accaparer. Il se lie d’amitié avec le marginal qui squatte depuis des années la demeure, mais aussi avec un cuisinier retraité et un jeune sans emploi. Mais surtout, il rencontre Stefania, une femme de son âge, timide, douce et généreuse. Encouragé par ses amis, Astolfo fait un pas courageux et apprend avec joie qu’il n’est jamais trop tard pour tomber amoureux. 

Un film lumineux sur la vieillesse

C’est un film lumineux et quelque peu académique mais qui rend un hommage discret au charme du cinéma italien des années que nous venons d’évoquer. Pour ce film, qui est en quelque sorte un retour aux racines, Gianni Di Gregorio a quitté Rome et les décors du quartier du Trastevere auxquels il nous avait habitués dans ses autres films. Il nous fait découvrir Artena, une petite ville à seulement 40 km de Rome où l’on vit encore comme dans les films italiens des années 70 et il est vrai que, par moments, son film a des petits airs de la série des Don Camillo ne serait-ce que dans les conflits bon enfant entre clergé et laïcs. Il se confie sur le choix de ce tournage dans la note d’intention du film : « Des éléments viennent de ma propre vie : j’ai une maison dans un petit village des Abruzzes. La dernière fois que j’y suis allé, avant le tremblement de terre, j’y ai passé les trois meilleurs mois de ma vie. Un groupe de personnes avait fini par se former, quatre vieillards : l’un faisait les courses, l’autre cuisinait, puis on jouait aux cartes, les œufs frais arrivaient, on fumait, on buvait une bouteille de vin. C’était comme une taverne. Le presbytère est attenant à la maison et, au fil des ans, c’est vrai qu’on m’a volé quelques pièces. » Un film intimiste et gai qui s’appuie sur d’excellents comédiens et sur le directeur de la photographie, Maurizio Calvesi, qui sait donner toute la lumière à la Gregorio’touch.

Titre original : Astolfo

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Durée : 97 mn


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