Die Hard : Belle journée pour mourir

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Cinquième opus de la saga « Die Hard ». Cette fois-ci, l’agent John McClane fait équipe avec son fiston. Et ça déménage !

On y est, après plus de cinq ans d’absence, l’agent John McClane est de retour pour de nouvelles aventures musclées, comme au temps jadis. Alors qu’il part à Moscou pour y retrouver son fils, qu’il croit en perdition (celui-ci est en fait un agent de la CIA, filiation quand tu nous tiens), le voici embringué dans une sombre histoire où la mafia russe, plus rosse que jamais, lui fera bien des soucis. Et lui qui était  "on fucking vacation"…

Alors certes, on ne comprend pas vraiment l’histoire, notamment l’introduction, inutilement complexe. Mais a-t-on vraiment besoin de comprendre ? A-t-on besoin d’adhérer aux retournements de situation (bien farfelus comme il se doit) ? Ne devrait-on pas sourire de contentement, tout simplement parce que l’on a ce que l’on attendait : de l’action, du muscle, de la castagne ?

C’est vrai qu’il cogne encore fort le Bruce. Bon, il ne court plus aussi vite qu’avant, la faute à cette petite bedaine qui a tendance à lui arquer les jambes. Mais pour un cinquantenaire, il tient plutôt la forme ! Et surtout, il a gardé l’instinct de l’homme d’action. Il sent le danger, son instinct est sa boussole, l’action est son Nord, les tirs en rafale sa sonate préférée, l’odeur du danger sa drogue. Un peu irascible, mais définitivement increvable. Un puissant politique véreux, un macabre génie du nucléaire et une beauté fatale à l’esprit vénéneux (qui n’est autre que la fille du génie du nucléaire : vision américaine du drame de Tchernobyl ?), tout ce beau monde se liguera contre notre héros mais n’aura pas sa peau. Ça plane pour Bruce quand l’ennemi le trimballe dans les airs, tout roule pour lui lors des épiques chevauchées en voiture.

 

Il faut dire que McClane est bien aidé : son fils est plus qu’un faire-valoir, il représente la relève. Ils sont bien entendu de caractères opposés. McClane Junior n’est pas franchement débonnaire, il est complètement habité par la mission qui lui a été confiée, il aime les plans carrés où tout se passe comme prévu. McClane Senior en a lui vu d’autres : il a connu l’enfer, il en est revenu, et entre-temps il a même déjoué un piège qui lui a permis de décrocher le globe de cristal ! Bref c’est l’assurance tout risque, l’art de l’improvisation dans la maîtrise de l’action. Le point commun entre le père et le fils : le jour n’est pas encore venu de mourir.

Cela dit, le duo fonctionne bien. Quelques répliques humoristiques, un peu de tendresse : McClane n’a jamais été un très bon père, mais il aime son fils et c’est pour ça qu’il est venu le chercher. Cette parenthèse touchante fermée, l’aventure moscovite crépite sous le feu de la mitraille. Les malheureux autochtones en font les frais, mais bon, ce sont des Russes donc ça va (même pas de compassion pour ceux qui savent chanter New York de Franck Sinatra ? En même temps ils chantent faux et leur accent est pourri ; ça fait rire à moitié McClane, le patrimoine ça se respecte).

Au final, Die Hard 5 est réussi – plus que l’opus précédent. On ne s’ennuie jamais car le rythme ne faiblit pas. Le film a même la bonne idée de se moquer un peu de lui, de la culture américaine et du culte des héros. C’est donc avec plaisir qu’on renoue avec la saga. Mais il ne faudra pas attendre à nouveau cinq ans pour un nouvel opus, car les années passent. Quoi que, un trio avec petit-fils McClane, ça pourrait faire des étincelles, non ?

Titre original : Die Hard - Belle journée pour mourir

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