Dès le deuxième assassinat de prostituées qu’il découvre lors de son rituel matinal de lecture de la presse londonienne, Sherlock Holmes s’empare personnellement de l’affaire avant qu’elle en soit une d’état. Sherlock Holmes contre Jack l’Éventreur, cross-over, tant attendu, rencontre au sommet dans la perfide Albion de la fin du dix-neuvième, entre le plus célèbre détective de fiction et le plus frictionné (ou fantasmé) des réels serial-killers. Rencontre un peu déceptive dans sa dimension horrifique. Trop peu mis en scène le boucher de Whitechapel, peine à surprendre dans son modus operandi, vidé ici de sa dimension sordide et morbide. Les amateurs de sensations fortes se contenteront des quelques litres d’hémoglobine, répandues ci ou là, avec un certain savoir-faire, notamment dans une jolie dilution aquatique.

Sortie en pleine période où la référence en matière, d’épouvante et de suspens n’était ni plus ni moins que la Hammer, cette production britannique d’un studio bien moins célèbre -Sir Nigel Films- n’arpente pas les nuits londoniennes avec les mêmes intentions. Plutôt que d’exploiter l’atmosphère (présumée) sombre de l’époque, la photographie se montre d’une luminosité étonnante. Un nocturne quasi diurne. Flamboyance des couleurs dans les pubs interlopes, le rouge des tenues des femmes de petite vertu, une colorimétrie magnifiquement ressuscitée par cette version 4 K.
Le Sherlock Holmes campé avec malice et finesse par John Neville, montre ici uniquement sa façade lumineuse : son esprit joueur et aventurier. Dr Watson, joue les utilités. Le personnage le plus intéressant étant de loin le médecin légiste campé par le ténébreux et Shakespearien Anthony Quayle. Adapté d’un récit écrit par le fils d’Arthur Conan Doyle (Adrian), le scénario déroule des péripéties sans temps mort avec une belle efficacité. Programmatique mais très divertissant, cette aventure originale et inédite ne manque pas d’atouts.





