Robert Mitchum, des années 1940 aux années 1960

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Un Coin du cinéphile consacré, une fois n’est pas coutume, à un acteur : le grand Robert Mitchum.

On se souvient d’un pasteur poursuivant une famille durant une longue nuit. On se souvient vaguement de ce qu’il recherche – un magot – mais plus vraiment de ce qui l’a amené jusqu’ici. Ce que l’on ne peut oublier, au contraire, c’est son visage. On revoit la fossette de son menton, ses yeux et son air de toujours regarder en dessous. L’étrange beauté de La Nuit du chasseur (Charles Laughton, 1955) gravite autour de la figure magnétique de Robert Mitchum sans qu’il semble s’en donner la peine ; le plus naturellement du monde. Il en sera de même durant toute sa carrière. Il lui suffit de marcher, de regarder à droite, à gauche ou devant lui et c’est le film entier qui l’accompagne (1). Ce détachement et ce charisme le suivront jusqu’à ses derniers films mais nous nous attarderons précisément dans ce Coin du cinéphile sur la période allant des années 1940 aux années 1960. Soldat démobilisé dans Feux croisés (Edward Dmytryk, 1947) ou chauffeur dans Un si doux visage (Otto Preminger, 1952), lieutenant de police dans Ça commence à Vera Cruz (Don Siegel, 1949) et détective privé dans La Griffe du passé (Jacques Tourneur, 1947), cowboy fatigué dans El Dorado (Howard Hawks, 1966) et chef d’une ville dans Celui par qui le scandale arrive (Vincente Minnelli, 1960), le visage est le même. Moqueur, il s’amuse à traverser tous ces films en sachant pertinemment que tout cela n’est qu’un jeu.

Bonne lecture – en musique – avant un prochain Coin du cinéphile consacré au cinéma et à la révolution sexuelle.

(1) « Listen. I got three expressions : looking left, looking right and looking straight ahead. »


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