Reaching For The Moon

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Une romance sympathique portée par de belles comédiennes, mais qui, par manque d´ambitions, reste bien souvent superficielle.

Retracer 20 ans d’une vie, d’une histoire d’amour, d’un parcours exceptionnel ; de New York au Brésil, du désespoir à la gloire, du bonheur à la déchéance.

L’histoire est celle de la poétesse américaine Elizabeth Bishop. D’un tempérament profondément pessimiste, c’est une femme fragile en apparence, rongée par ses névroses, définitivement désespérée.
Son séjour au Brésil va la transformer. L’amour bien entendu, puisqu’elle y fait la rencontre de Lota de Soares, architecte de profession, volcanique et passionnée de caractère. Entre les deux femmes, il y a de nombreux hauts et de nombreux bas, turpitudes inhérentes aux relations fusionnelles. Sans sombrer trop vite dans la romance mélodramatique, le récit accorde une large place aux moments de bonheur, et capture en vol de beaux instants. Reaching for the moon est un film doux, paisible, rythmé par la triste mélancolie qui anime ses personnages.

 
Ce sont probablement ses plus belles années qu’Elizabeth Bishop passe au Brésil, les plus créatrices artistiquement, les plus épanouissantes personnellement. Elle parvient petit à petit à trouver sa place. Ce monde est à sa mesure, probablement moins effrayant que le grand New York. Les gens l’aiment et reconnaissent son talent. Elle dépasse, tant bien que mal certes, ses peurs les plus viscérales. Elle ose des choses dont elle se pensait incapable. Peut-être ce culot des gens qui ne sont pas chez eux…
 

Le temps s’égrene sans qu’il n’y ait de réel ancrage temporel. Seule une petit fille qui grandit marque les années qui s’écoulent. Les références historiques sont minimalistes. Le récit préfère s’affranchir du contexte social et politique de l’époque. La romance et l’évolution des personnages impulsent le rythme. La trajectoire croisée des héroïnes est surprenante. La moins forte ne sera pas celle qui sombrera, sa carapace était tenace il faut dire, comme des fragilités in fine protectrices.

Reaching for the moon est donc un biopic qui, à défaut d’être réellement réussi, se montre plutôt divertissant. On aurait aimé qu’il soit plus profond, qu’il montre plus de souffle, que ses personnages aient d’avantage d’épaisseur. L’évolution du couple reste très superficielle. Les évènements s’enchaînent sans avoir le temps d’en prendre la pleine mesure. Chose étrange, ce sont le début et la fin de l’histoire qui sont mal racontés. La naissance des sentiments entre les deux héroïnes est trop factice, trop irréelle, trop peu crédible pour enraciner correctement le récit ; comme s’il fallait aller vite par effet de surprise. Et, à la fin de la chaîne, la dernière partie de l’histoire est expédiée, presque bâclée ; comme s’il fallait aller vite au dénouement par peur de lasser.

Reaching for the moon reste un film superficiel, au côté fleur bleue et romance à l’eau de rose totalement assumé. Au final, les mots de poésie sonnent un peu creux, et le processus de création artistique a tout du parfait alibi. Sans prétention, et c’est bien dommage.  

 

Titre original : Reaching for the moon

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