Palmarès Ciné 2022

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Cette année 2022 aura initié à défaut d’accompli un retour à la normale quant à la fréquentation des salles obscures. Bonne nouvelle néanmoins : la diversité et la qualité des films diffusés sont au rendez-vous, certes pas dans tous les cas, mais suffisamment pour appréhender avec optimisme l’année 2023.

Débutons cet exercice annuel par les trois films de notre podium, les heureux élus préférés par notre rédaction sont les suivants :

La nuit du 12, de Dominik Moll

As bestas, de Rodrigo Sorogoyen

Licorice Pizza, de Paul Thomas Anderson

La suite de notre top 10 est composée de sept films ayant recueilli le même nombre de voix de la part de nos rédacteurs :

Leila et ses frères, de Saeed Roustae

Nope, de Jordan Peele

EO, de Jerzy Skolimowski

Everything Everywhere All At Once, de Dan Kwan et Daniel Scheinerts

Frère et sœur, de Arnaud Desplechin

Viens je t’emmène, de Alain Guiraudie

Les Amandiers, de Valeria Bruni-Tedeschi

 

Leila et ses frères, un des plus beaux films de l’année, en sélection officielle au festival de Cannes 2022

 

Aucun palmarès ne rendra justice à la richesse et la variété des films sortis ces douze derniers mois sur les écrans français ; le caractère partiel de l’exercice constitue sa première limite – et bien sûr, sa subjectivité. Mais ce jeu à la fois frivole et éclairant des tops individuels ne vise pas à établir une hiérarchie ou une liste d’incontournables à destination de quelque public avide d’un guide de consommation ; l’enjeu nous semble plus profond et diffus à la fois : dessiner les traits d’un certain état de la création cinématographique récente, la télescoper avec les désirs et préoccupations individuels et collectifs, et en tirer une sorte d’instantané imparfait mais, faisons-en le pari, révélateur d’une certaine réalité, d’un certain état du monde – celui du cinéma, bien sûr, mais aussi le monde tout court où puisent les images et les récits qui nous ont animés, fascinés ou fait vibrer.

Plus encore que l’année dernière (rappel du palmarès 2021 ici) l’émiettement des voix aura empêché la composition d’un palmarès tranché : il n’y a jamais eu autant d’ex aequo de mémoire de notre webzine ! L’arrivée en tête d’un film français, La nuit du 12, ainsi que la constitution de la moitié du top 10 par des productions hexagonales (As Bestas est franco-espagnol) auraient évidemment de quoi nous réjouir si le moindre patriotisme cinéphilique avait sa place ici ; il est plus intéressant de retenir, dans la plupart des films cités, une riche composante politique et sociale où se distinguent, comme autant de lignes de force éthiques, à défaut de recherches formelles inédites (seul EO et Everything Everywhere all at once se distinguent dans ce domaine), une empathie profonde avec des personnages aux horizons géographiques et mentaux très différents, une description plus ou moins directe des ravages du patriarcat dans le monde contemporain, et l’affirmation d’un féminisme engagé (La nuit du 12 et Leila et ses frères en représentent, dans les contextes respectifs des sociétés française et iranienne, deux formidables illustrations). Preuve, s’il en fallait, que le cinéma reflète bien les combats clefs de notre époque.

Espérons désormais que la fréquentation des salles, en regain depuis les creux pandémiques de 2020 et 2021, retrouve à partir de 2023 son niveau antérieur. Un facteur décisif sera bien sûr la congruence des films présentés avec les attentes profondes du public – souvent d’ailleurs ignorées du public lui-même, donc irréductibles à un quelconque calcul marketing.

 

Un photogramme de Nope, un des deux seuls films états-uniens de notre classement

 

Place au détail des tops individuels, que nous avons listés, par souci de variété, par ordre anti-alphabétique des noms des rédacteurs qui ont vu suffisamment de films en salles cette année pour proposer un top 10 (beaucoup ayant du coup renoncé à l’exercice)

 

Mathieu Victor-Pujebet

1) La Nuit du 12

Pour sa noirceur et sa mélancolie, pour son filmage concret du métier de flic, qui contraste avec le paysage fantomatique de la Savoie, et pour la finesse de son écriture qui jure avec la simplicité de son constat bouleversant d’une misogynie toxique et meurtrière.

2) The Innocents

Pour sa radicalité et sa rugosité qui dissimulent une sensibilité et une poésie infinies, et pour sa force brute qui conjugue avec brio les genres pour livrer une œuvre à la fois puissante et touchante.

3) Everything Everywhere All At Once

Pour sa folie, mais aussi son savoir-faire ahurissant, pour ses gags qui ne sont pas de simples clins d’œil au spectateur, mais de vrais instruments de l’émotion du film, et pour la simplicité de son discours qui n’a d’égal que la complexité de ce divertissement total.

4) As Bestas

Pour la rage contenue de sa mise en scène, pour la densité, mais aussi la précision, de son écriture, et pour la performance ahurissante de Denis Ménochet et de Marina Foïs.

5) Avatar 2 : la voie de l’eau

Pour sa performance technique et plastique complètement folle, évidemment, mais aussi pour la force de son scénario classique, mais éminemment riche et sensible.

6) Nope

Pour la simplicité de son récit, mais l’ampleur de sa mise en scène, pour l’épure de son écriture, mais son ambition thématique et historique, et pour la force émotionnelle/horrifique du film, mais aussi sa poésie infinie.

7) Les Cinq diables

Pour son étrangeté et sa liberté formelle, pour son exigence thématique, mais aussi sa profonde générosité formelle, et pour sa force politique discrète qui préfère la magie du cinéma à la lourdeur du tract.

8) Enquête sur un scandale d’état

Pour son récit troué envoûtant, pour son nihilisme hérité du cinéma paranoïaque américain des années 70, et pour la direction/performance des comédiens, tout simplement sidérante.

9) Ghost Song

Pour sa forme hybride passionnante, pour son atmosphère hypnotisante, et pour son portrait halluciné, à la fois concret et poétique, d’une Amérique au bord du gouffre.

10) À plein temps

Pour sa maîtrise formelle impressionnante, pour sa France qui gronde à deux doigts de l’explosion, et pour sa Laure Calamy magistrale.

 

Jean-Michel Pignol

1) Leila et ses frères  (Saeed Roustaee). Aussi virtuose et enivrant que La loi de Téhéran, une dose de légèreté en supplément.

2) Les amandiers ( Valeria Bruni Tedeschi).  Un passé reconstruit et fantasmé. Tout simplement bouleversant.

3) Nope (Jordan Peele). Un retour aux sources du grand spectacle.

4) La nuit du 12 (Dominik Moll). Un bijou d’humanité que n’aurait pas renié Simenon.

5) Viens je t’emmène (Alain Guiraudie). On ne sait jamais qui on est et où l’on va chez Guiraudie, mais on sûr de ne jamais ressortir indemne.

6) Saint-Omer (Alice Diop). Un portrait glaçant et réflexif d’une grande maîtrise.

7) Fumer fait tousser (Quentin Dupieux). Une bouffée d’air frais. L’un des meilleurs  Dupieux.

8) Licorice Pizza (Paul Thomas Anderson)  La nostalgie débridée d’un fou de cinéma

9) RMN (Cristian Mungiu). Un pays asphyxié par ses apories, une parabole malheureusement universelle.

10) Frères et sœurs  (Arnaud Desplechin).   Despleschin se livre avec finesse ,sincérité et brio.

 

Jean-Max Méjean

(sans ordre de préférence)

Rifkin’s festival de Woody Allen. Un petit bijou dans le genre favori du maître américain entre humour, cinéma et hypocondrie. Et avec un Louis Garrel incroyable !

La nuit du 12 de Dominik Moll. Une enquête policière angoissante et sincère qui nous conduit dans les méandres de la police et les états d’âme des policiers. Rondement mené.

Poulet frites de Jean Libon et Yves Hinant. Une autre enquête policière plus délirante et pourtant tout aussi inquiétante sur l’état de la justice dans le monde. Dans la lignée de Strip Tease.

107 Mothers de Péter Kerekes. Presque un docu fiction, un film inclassable et puissant, avec une superbe lumière et des actrices non professionnelles fabuleuses. Le coup de cœur de cette année.

As bestas de Rodrigo Sorogoyen. Le dernier opus du maître espagnol contemporain est sobre et riche en analyse de la société et du monde comme il va. Remarquable aussi pour le jeu des acteurs.

Pacifiction : tourment sur les îles de Albert Serra. Dans le pur style qui a fait la renommée de ce réalisateur inclassable. Et surtout pour l’incroyable interprétation de Benoît Magimel, l’un des plus grands acteurs français contemporains.

Peter von Kant de François Ozon. Très théâtralisée, cette nouvelle lecture du film de Rainer Werner Fassbinder est vénéneuse et remarquable. Il impose la présence du grand Denis Menochet.

– Armaggedon Times de James Gray. Avec cet opus complètement différent de ses autres films, James Gray revient sur ses années de lycée à New York. Un véritable Amarcord.

En roue libre de Didier Barcelo. Troisième film français de ma sélection, voici un road-movie rare et inhabituel dans le paysage du cinéma qui laisse espérer une grande carrière. Bravo à Marina Foïs et Benjamin Voisin, méconnaissables.

Shabu de Shamira Raphaëla. Vision poétique et légère de la banlieue vue par les yeux d’un très jeune hip-hopeur.

 

Hugo Dervisoglou

1) EO

Un des plus beau film de l’année, Skolimowski réussit le tour de force auquel était parvenu Bresson avant lui : nous émouvoir au travers du parcours d’un âne. C’est un superbe conte métaphorique. Il est intelligent, émouvant, bref : ce que le cinéma fait de mieux.

2) Days

La beauté plastique mêlée à la critique acerbe de notre modernité. Une poésie spirituelle atypique et unique au monde, couplée à une grande maitrise technique, le film est un condensé de ce qui se fait de mieux en guise de cinéma poétique.

3) Babi Yar

Un documentaire qui est à placer au niveau de Shoha de Lanzmann, et dont la puissance émane autant de sa maestria du montage d’images d’archives que du travail de sa bande sonore qui restitue un calme inquiétant, porteur en lui-même de toute l’horreur du génocide.

4) Plumes

Du niveau poétique de Days, mais plus acerbe et ironique encore. Le film est grinçant comme une vielle porte rouillée, et proche, par la puissance de sa satire, d’un jet d’acide sur la société égyptienne contemporaine, sans jamais donner un sentiment de gratuité, ni même de perdre espoir.

5) Les Amandiers

Une plongée sensible permettant de se rendre compte que les années quatre-vingt avaient quelque chose de terrible et injuste. Des acteurs fabuleux, une dimension autobiographique assumée et une photographie à couper le souffle parachèvent un film d’une grande puissance émotive.

6) Coupez !

Parce que le film ne se contente pas d’être drôle, il est aussi spirituel, intelligent et formellement aboutit. Soit la preuve que la comédie peut être une réussite tout en comportant des enjeux esthétiques forts. Mais cela est aussi du au talent de sa distribution.

7) Bruno Reidal

Une plongée radicale et efficace dans la psyché d’un tueur dont la tragédie est qu’il se sait fou sans rien pouvoir y faire. Un film montrant avec efficacité un être à part ne pouvant entrer dans aucune des cases que la société peut lui offrir et qui, par son pas de coté, en révèle toutes les contradictions.

8) Et j’aime à la fureur

Un documentaire intimiste envoutant et sensible, montrant l’évolution d’un homme, de sa perception des femmes ainsi que sa recherche de rédemption. Un film qui fait réfléchir sur le regard et la manière dont celui-ci transparait lorsque l’on filme.

9) Frère et sœur

Un film mature et dans la continuité de la filmographie de Desplechin. Poupaud et Cotillard sont plus que convaincants dans cette histoire lugubre de haine fraternelle radicale.

10) Licorice Pizza

Un film émouvant et assez envoutant, peut-être pas le meilleur de P.T Anderson, mais disposant de grandes qualités, à commencer par ses acteurs et sa plasticité.

 

Paul Courbin

1) Pacifiction d’Albert Serra (France, Espagne, Allemagne, Portugal)

Objet politique et envoûtant, film insulaire aux accents de thriller politique, Pacifiction filme les corps exotiques dans leur beauté et leur courage, et le corps politique désabusé et fatigué d’un Benoît Magimel habité.

2) Contes du hasard et autres fantaisies de Ryusuke Hamaguchi (Japon)

Après le colossal et labyrinthique Drive my car, c’est dans la subtile beauté de l’oubli et du hasard que Hamaguchi s’amuse à inscrire ses personnages de femmes tantôt mélancoliques, tantôt désirantes, tantôt mythomanes…

3) Viens je t’emmène d’Alain Guiraudie (France)

Comment raconter la période de terreur collective qui a suivi les attentats de novembre 2015 aussi bien qu’Alain Guiraudie, qui se concentre sur l’absurdité délirante et le chaos érotique d’un enchaînement vaudevillesque de rencontres, disputes et fuites, au cœur d’une ville moyenne en plein cœur de France.

4) Golda Maria de Patrick Sobelman (France)

C’est peut-être la double nature de rescapé qui émeut dans ce film, le trajet hallucinant et déchirant d’une femme déportée et de son destin solitaire, mêlés à celui du film lui-même, issu d’une conversation captée dans les années 90 sur caméra amateur.

5) Cow d’Andrea Arnold (Royaume-Uni)

Dans la continuité de son cinéma naturaliste, Andrea Arnold inscrit son héroïne bovine dans la lignée de ses personnages féminins marginaux: on y découvre l’animal au cœur d’expériences douloureusement humaines, la maternité, l’acte sexuel sur fond de musique country, et la lente contemplation de sa captivité, au sein d’une société dominée par le profit et la maltraitance. Au cœur de cette prison à ciel ouvert, c’est la caméra de la cinéaste, frôlant le sol à hauteur d’animal, se réjouissant de l’air pur, de l’herbe fraîche ou d’un feu d’artifice presque irréel, qui réconforte le temps d’une douce respiration.

6) Jerk de Gisèle Vienne (France)

Dans le cadre restreint de l’espace scénique, redoublé du cadre de la caméra presque immobile, Gisèle Vienne et Jonathan Capdevielle rejouent la tragique fable d’un tueur en série adolescent, adaptée d’un récit de Dennis Cooper. Durant l’heure d’apnée que dure le spectacle, aidé de ses marionnettes et de sa voix protéiforme, le comédien fabrique tout sous nos yeux, ravissant son spectateur et donnant au plus cruel et pervers des récits modernes le visage de la pulsion créative.

7) Vortex de Gaspar Noé (France)

Dans la solitude de leur appartement circulaire et désordonné, la mémoire de deux octogénaires s’estompe progressivement, se dérègle, disparaît, et avec elle, la mémoire du cinéma – Françoise Lebrun, incarnation du cinéma libertaire des années 70 y côtoie Dario Argento, le maître de l’effroi érotique à l’italienne. La frontière que trace Gaspar Noé trace entre ses deux personnages en fin de vie dit ainsi le rétrécissement des horizons et des sensations, et la peur de l’inconnu qui colonise tout autour de soi.

8) As bestas de Rodrigo Sorogoyen (Espagne, France)

Poursuivant son exploration de l’animosité qui régit le règne humain et plus particulièrement masculin, allant jusqu’à la bestialité, Sorogoyen raconte autant l’exil français vers les terres désertées de Galice, que la haine des locaux pour ces immigrés déclassés. Entre problématiques sociales, écologiques et économiques, Sorogoyen tisse une toile aux mille ressorts pour la masculinité toxique et la féminité silencieuse.

9) La nuit du 12 de Dominik Moll (France)

Une autre histoire d’hommes et de femmes, cette fois respectivement tueurs et victimes. Si l’on sait dès le début du film que cette enquête est une impasse, Dominik Moll parvient tout de même à trouver une vérité plus secrète, plus souterraine, plus retors : ce que chacun vient chercher dans le goût pour le crime, justice pour les policiers, divertissement pour les spectateurs, réponses au mal pour d’autres, se mue toujours en une enquête sur ses propres capacités à vivre avec le mal autour et en soi.

10) Fils de plouc de Harpo et Lenny Guit (Belgique)

La course poursuite de deux jumeaux débiles dans les bas quartiers de Bruxelles, qui n’est pas sans rappeler le cinéma burlesque américain des années 20 comme des années 90 – de Keaton et de Carrey. S’improvisant gangsters, cascadeurs, maquereaux ou tueurs à gage, les deux casse-cous envoient valser toutes les règles morales mais tiennent à respecter celles d’un certain cinéma, héritiers des nanars japonais et du Nouvel Hollywood, tout en y incorporant l’ingrédient foutraque qui fait le sel de ce nouveau cinéma belge, à mi-chemin entre l’audace et le ridicule : l’excentricité.

 

Antoine Benderitter

(sans ordre de préférence)

Chronique d’une liaison passagère, de Emmanuel Mouret. Faux héritier de Rohmer, Mouret éblouit par la rigueur de sa mise en scène, et Sandrine Kiberlain et Vincent Macaigne par la sensibilité de leur interprétation

EO, de Jerzy Skolimowsky. Trip inégal mais hallucinant d’un réalisateur octogénaire qui se permet toutes les audaces et parvient peut-être mieux que quiconque avant lui à combiner vertiges formels et émotion animalière

Leila et ses frères, de Saeed Roustae. Plus encore qu’un fascinant décalque du Parrain dans la société iranienne contemporaine, une formidable étude de mœurs, susceptible de résonner en chacune et chacun

La nuit du 12, de Dominik Moll. Un vrai polar à la française, mais pas seulement : également un film engagé et féministe qui prend aux tripes, et même, en un sens, un film de fantômes, qui captive de bout en bout et quasiment sans fausses notes

As bestas, de Rodrigo Sorogoyen. Choc des cultures, patriarcat toxique, tragédie antique : toutes sortes de motifs convergent dans ce film magistral, qui prend son temps et fascine par son intensité dramatique et son interprétation

Blonde, de Andrew Dominik (disponible sur Netflix). Un splendide objet de cinéma, plus proche du style d’un David Lynch que d’un quelconque biopic : mieux vaut en effet oublier provisoirement l’image iconique de Marylin pour plonger dans un univers mental terrifiant et hypnotique, qu’on aurait souhaité découvrir sur grand écran

Licorice Pizza, de Paul Thomas Anderson. Un des plus beaux films de son réalisateur, qui à rebours des puissantes tentations mimétiques atteste l’importance qu’il y a à être soi et rien que soi – même si cet objectif tout simple peut impliquer un long et sinueux cheminement.

Everything Everywhere All At Once, de Dan Kwan et Daniel Scheinerts. Jubilatoire délire formel, résurgent de Matrix autant que des Monty Python, qui tient la route grâce à sa profonde humanité, vibrante sous son vortex de sensations fortes et d’inventivité visuelle et narrative

Un autre monde, de Stéphane Brizé. Contre toute attente, un film de Stéphane Brizé nous touche vraiment, dépourvu de la fausseté qui avait lesté, selon nous, ses précédentes réalisations. peinture glaçante et juste de ce que la loi du marché peut faire de nous, au sein de ces cellules sociales qu’on appelle entreprise

Petite Nature, de Samuel Theis. Un film osé, délicat et touchant, dont le naturalisme débouche sur une vraie poésie : à peu près l’exact contraire de Close, de Lukas Dhont, plus susceptible par sa tiédeur de plaire aux festivaliers de Cannes

 

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