As bestas

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Thriller écolo, le nouveau film de Sorogoyen est servi par des acteurs stradivarius…

La Galice dans tous ses états

Le Madrilène Rodrigo Sorogoyen, qu’on ne présente plus au vu des cinq longs-métrages qu’il nous a offerts et qui ont marqué les esprits comme Que Dios nos perdone (2016), El reino (2018) et Madre (2019) présente à Cannes As bestas qui se déroule en Galice et est interprété en trois langues (français, espagnol et galicien) par des acteurs à la fois français (Marina Foïs et Bruno Ménochet) et galiciens (Luis Zahera et Diego Anido). Le film commence de manière très âpre, par des hommes tentant de faire se coucher des chevaux pour leur couper la crinière et se poursuit de la même manière pour mettre en valeur une région campagnarde rude, confrontée à la présence d’un couple de Français mal accepté par les autres habitants, de plus en plus isolés dans cette région en train de devenir un désert humain.

Sous tension

L’histoire est simple mais lancinante et le réalisateur parvient à la maintenir sous tension presque jusqu’au bout comme tout bon thriller. Par moment, on se croirait presque dans Délivrance de John Boorman (1972) et, dans d’autres, dans Scènes de chasse en Bavière de Peter Fleischmann (1969)… Les Français Antoine (Denis Ménochet) et Olga (Marina Foïs) sont installés dans le petit village de Bierzo dans la campagne galicienne. Agriculteurs écologistes, ils s’attellent à la restauration de maisons laissées à l’abandon, afin d’encourager le repeuplement du hameau. Malgré – ou grâce – à leur engagement écologiste, le couple refuse de signer en faveur du projet d’éoliennes, contre la volonté de leurs voisins qui n’y voient que leur intérêt à court terme. S’instaure alors, avec eux, un climat hostile développé avec brio par le cinéaste.

Vivre ensemble ?

Le film met du temps à s’installer puis c’est le spectateur qui ne peut s’en détacher même s’il est, encore une fois, un peu trop long. Toutes les facettes de la vie en société et des difficultés du « vivre ensemble », comme on dit maintenant, sont évoquées, et le réalisateur n’hésite pas à prendre à bras le corps tous ces problèmes sans fioritures ni langue de bois, ce qu’un cinéaste français n’aurait certainement pas eu le courage de faire.

 

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Durée : 137 mn


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