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Le western pro-Indien

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Splendeurs et misère de l’Indien dans le cinéma américain.

La vague du western pro-Indien qui irrigua le cinéma américain à partir des années 1950 ne constituera pas une révolution mais un juste retour des choses. Dès ces premiers pas, le cinéma américain ira en effet filmer de vrais chefs indiens au temps du muet et montrera un respect, une noblesse, ainsi qu’un vrai souci de crédibilité dans leur description. Les choses se gâteront ensuite, notamment dans les années 1930 où, entre autres, Les Conquérants d’un nouveau monde (Unconquered, 1947) de Cecil B. DeMille et surtout La Chevauchée fantastique (Stagecoach, 1939) de John Ford contribueront à alimenter un cliché belliqueux, sanguinaire et sans nuances de l’Indien. C’est ce même John Ford qui ouvre la voie du repentir avec Le Massacre de Fort Apache (Fort Apache, 1948) dans une œuvre où leur noblesse guerrière est mise en valeur. La Flèche brisée (Broken Arrow, 1950) de Delmer Daves et son humanisme réinvente la figure de l’Indien au cinéma et lance véritablement le concept de western pro-Indien. Dans cette idée, Bronco Apache (Apache, 1954) sert l’iconoclasme de Robert Aldrich et permet à Anthony Mann de signer l’un de ses plus beaux films avec La Porte du diable (Devil’s Doorway, 1950). Ces bonnes intentions vont pourtant desservir cette réhabilitation. Le courant flower power et pacifiste façonne ainsi la figure du vieil Indien sage et rigolard de Little Big Man (1970) d’Arthur Penn tandis qu’il n’est plus qu’un prétexte dans Soldat bleu (Soldier Blue, 1970) de Ralph Nelson, plus au Viet Nâm qu’à la cause indienne. Aboutissement de toutes ces tendances, Danse avec les loups (Dances with Wolves, 1990) de Kevin Costner est le dernier grand film de ce courant jamais éteint, comme le prouve le récent et réussi Hostiles (2017) de Scott Cooper.

Bonne lecture avant un Coin du cinéphile consacré à Jean-Pierre Marielle.


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