Le Monde de Barney

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Une fausse autobiographie amusante et humaine mais qui peine à décoller. Sympatoche, quoi…

Si le qualificatif le mieux adapté pour un film est « sympathique », est-ce un gage de qualité ou un inconvénient, un constat d’une ambition vraisemblablement limitée ? Le Monde de Barney a toutes les caractéristiques du film « sympathique » : pas forcément inintéressant mais jamais transcendant. Le genre de film qu’il n’est pas indispensable de voir mais jamais ennuyeux. Il fait partie de ces œuvres dites parfaites pour un long voyage en avion ou un dimanche après-midi pluvieux.

Barney c’est un homme banal et imparfait qui nous propose de revivre les grands moments de son existence. Marié trois fois, heureux en affaire, il est pourtant tourmenté par la perte de son meilleur ami dont il fut accusé de meurtre. On suit ce personnage, juif canadien, de Montréal à Rome à travers cette fausse autobiographie adaptée du roman de Mordecai Richler dans un pessimisme ambiant par forcément justifié. Car l’intérêt du film réside uniquement dans la subjectivité de l’homme face à ses choix, ses ratés ainsi que ses plus grandes victoires. Barney finit désespéré, nostalgique et défaitiste car il n’a jamais su observer son quotidien sous un prisme positif ou tout simplement réaliste. Barney est un homme obnubilé, voire hanté par les échecs de sa réussite et la réussite de ses échecs. À l’image de la boîte de production audiovisuelle qui lui apportera une importante fortune et qu’il nommera « Les Productions totalement inutiles ». Porté par un Paul Giamatti exceptionnel et des personnages secondaires toujours justes et touchants (Rosamund Pike, Scott Speedman), Barney a la chance d’avoir un père interprété par Dustin Hoffman, toujours génial, ici en policier beauf rigolo. Un humour noir et ironique est heureusement omniprésent offrant au film quelques grammes de saveur qu’il peine à dégager. Le Monde de Barney manque cruellement de profondeur, suivant simplement le héros anti-héros sans jamais le décortiquer. La faute à son réalisateur, traînant sa caméra trop longtemps sur les plateaux des Experts et, de ce fait, habitué à la psychologie limitée des personnages et au manque d’ambition artistique que cette série prône fièrement presque tous les soirs à la télévision.

Et pourtant, le film dure plus de deux heures et on ne s’ennuie pas. Les dialogues et la qualité des acteurs suffisent à la volonté de suivre l’histoire jusqu’à sa fin et ses révélations finales. À l’image du personnage principal qui rencontre l’amour de sa vie le jour de son mariage, on navigue scène après scène dans l’espoir d’un décollage cinématographique qui n’arrivera jamais. Mais on relativise et on se dit que finalement, c’était quand même bien sympathique.

Titre original : Barney's Version

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Durée : 124 mn


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