La vengeance au cinéma

Article écrit par

Cette semaine vous viendrez déguster un plat qui se mange froid dans le Coin du Cinéphile.

La vengeance est un des ressorts dramatiques les plus ancestraux et universels, auquel peuvent se greffer des thématiques vastes et variées. On peut y flatter les bas-instincts dans une logique de cinéma d’exploitation appuyant sur une note cathartique ou éventuellement plus putassière. C’est lorsque la vengeance vise un dessin plus complexe qu’elle donne les films les plus intéressant. Clint Eastwood en explorant tant dans sa carrière d’acteur que de réalisateur cette thématique en offre des variations captivantes, notamment lorsqu’il fustige un microcosme placé face à sa bassesse dans L’Homme des Hautes plaines (1973). Quentin Tarantino fait de la vengeance un outil de revanche sociétale et historique des oppressés sur les tyrans de tous bord, et en fait matière à regarder dans les yeux de grands maux contemporains. Ce penchant s’initia avec le diptyque Kill Bill (2003 et 2004) où il offre le versant défouloir, jubilatoire, puis désabusé et vain de cette vengeance. Cette dimension cathartique de série B prend un tour halluciné et féministe à travers l’approche clinique d’un Abel Ferrara dans le magistral L’Ange de la vengeance. Le contexte social inhérent à un pays, une ville, une région, offre un cachet unique versant anglais avec le formidable La Loi du Milieu de Mike Hodges, japonais dans La Vengeance d’un acteur de Kon Ichikawa (1963) ou français L’été meurtrier de Jean Becker.

Bonne lecture et bonne vacances vous retrouverez le Coin du Cinéphile à la rentrée.


Warning: Invalid argument supplied for foreach() in /home/clients/8d2910ac8ccd8e6491ad25bb01acf6d0/web/wp-content/themes/Extra-child/single-post.php on line 73

Lire aussi

WESTFIELD STORIES SAISON 2

WESTFIELD STORIES SAISON 2

Interview de Nathalie PAJOT, Directrice Marketing France d’Unibail-Rodamco-Westfiel. Elle nous présente la deuxième édition du Festival de courts-métrages Westfield Stories auquel est associé Kourtrajmé, le collectif de jeunes cinéastes crée par Ladj Ly.

Cycle Mani Kaul, cinéaste féministe de l’errance et du voyage intérieur

Cycle Mani Kaul, cinéaste féministe de l’errance et du voyage intérieur

Le cinéma de Mani Kaul dépeint subtilement la manière dont la société indienne traite ses femmes. On peut qualifier ses films d’art et essai tant ils se démarquent de la production commerciale et sont novateurs par leur forme originale. Avec une âpreté et une acuité douloureuses, le réalisateur hindi décline le thème récurrent de la femme indienne délaissée qui subit le joug du patriarcat avec un stoïcisme défiant les lois de la nature humaine. Un mini-cycle à découvrir de toute urgence en salles en versions restaurées 4K.

Le chant des vivants

Le chant des vivants

Quitter son pays, essuyer les coups, traverser la mer… Mais si le pire était à venir ? Survivre n’est pas un tout. Cécile Allegra propose à de jeunes exilés de penser l’après, par l’art-thérapie. Le chant des vivants est une douloureuse mélodie de laquelle advient une merveille cinématographique.