Select Page

La Course à la mort

Article écrit par

Parmi les plus fameuses productions seventies de Roger Corman, La Course à la Mort de l´an 2000 de Paul Bartel était un savant mélange de série B outrancière typique de l´époque et de farce politique subversive avec son message virulent sur le spectacle comme opium du peuple.

Voir le très mauvais Paul Anderson s’atteler au remake n’avait donc rien de rassurant, malgré les notes d’intention de ce dernier, désirant replacer la charge du film dans le contexte des médias actuels avec la télé réalité. Le film est plutôt raté à ce niveau, hormis les manigances du personnage de directrice sadique, incarnée par Joan Allen, en quête d’audimat et de sensationnel, le thème est finalement à peine effleuré. Jamais le regard du spectateur (pourtant présent dans le film original) n’est interrogé, ni l’impact médiatique des courses, leur déroulement en vase clos au sein de la prison n’étant pas la meilleure des idées.

Pourtant, un peu à la manière du remake de Assaut de Carpenter par Jean François Richet, l’évacuation du message politique au profit du pur film de genre sans prétention s’avère assez convaincante. Les changements du scénario par rapport au film original vont dans ce sens (notamment l’histoire et l’identité de Frankenstein connue d’entrée), avec une ambiance de film de prison plus prononcée, le début du film enchaînant les clichés les plus éculés du genre avec ses gangs raciaux, la provocation et le bizutage des nouveaux venus.

L’amateur d’action virile (avec ses moments bien putassiers, dont ces bimbos venues d’autres pénitenciers dont on cherche encore l’utilité autres qu’esthétique), devrait donc y trouver son compte, Anderson se montrant plutôt efficace (à défaut d’être aussi tourbillonnant et inventif que le récent Speed Racer) lors des scènes de courses, en multipliant les cascades spectaculaires et les morts bien graphiques dont une décapitation au rétroviseur des plus brutales. Jason Statham est une nouvelle fois parfaitement à l’aise et charismatique (il mériterait vraiment de se faire offrir des rôle plus consistants, comme le récent et très bon Braquage à l’Anglaise), bien entouré par une galerie de personnages dégénérés à la caractérisation très bd dans l’esprit, même si Tyrese Gibson déçoit en Machine Gun Joe, bien loin de la prestation survoltée de Stallone dans le film original. Plutôt plaisant au final, et relevant un peu la filmographie généralement médiocre de Paul Anderson.

Titre original : Death Race

Réalisateur :

Acteurs : , ,

Année :

Genre :

Durée : 105 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Cycle rétrospectif Detlef Sierck (alias Douglas Sirk) période allemande

Cycle rétrospectif Detlef Sierck (alias Douglas Sirk) période allemande

Au cœur des mélodrames de la période allemande de Douglas Sirk, ses protagonistes sont révélés par les artefacts d’une mise en scène où l’extravagance du kitsch le dispute avec le naturalisme du décor. Mais toujours pour porter la passion des sentiments exacerbés à son point culminant. Ces prémices flamboyants renvoient sans ambiguïté à sa période hollywoodienne qui est la consécration d’une œuvre filmique inégalée. Coup de projecteur sur le premier et dernier opus de cette période allemande.

La mort d’un bureaucrate

La mort d’un bureaucrate

« La mort d’un bureaucrate » est une tragi-comédie menée “à tombeau ouvert” et surtout une farce à l’ironie macabre déjantée qui combine un sens inné de l’absurde institutionnel avec une critique radicale du régime post-révolutionnaire cubain dans un éloge
bunuelien de la folie. Férocement subversif en version restaurée…