Select Page

Il faut vivre dangereusement

Article écrit par

Ce film n´est pas de Nelly Kaplan mais a été réalisé par Claude Makovski. Accompagnée de Claude Veillot, elle a apporté son concours en écrivant le scénario de cette première réalisation. Puisque tous les trois ont coutume de travailler ensemble, le fond n´est guère différent des films de Nelly Kaplan. L´influence est là (devant la […]

Ce film n´est pas de Nelly Kaplan mais a été réalisé par Claude Makovski. Accompagnée de Claude Veillot, elle a apporté son concours en écrivant le scénario de cette première réalisation. Puisque tous les trois ont coutume de travailler ensemble, le fond n´est guère différent des films de Nelly Kaplan. L´influence est là (devant la caméra si elle n´est pas derrière). On retrouve pour notre grand plaisir l´univers de ce trio infernal, si bien qu´on en oublierait presque l´inversion des rôles.

Premier élément, on est tout de suite séduit par la pléiade d´acteurs, tant les principaux (le trio Claude Brasseur, Annie Girardot et Sydne Rome) que les secondaires, excellents (Mylène de Mongeot ou Hans-Christan Blech), et par l´histoire (pas tant par son originalité que par son traitement drôle). Ces deux qualités à elles-seules permettent au film d´ être vu et revu sans laaser.

D´abord, un début à la Lautner : l´histoire commence par un meurtre dans un train à pleine vitesse comme dans Les Barbouzes de 1964. Cinéphile averti, le réalisateur utilise un procédé qui fonctionne bien puisqu´il nous entraîne aussitôt dans une histoire policière dont on devine qu´elle sera comique, ou au moins décalée (Les Barbouzes étant une parodie de film d´espionnage.

Puis une histoire : convenue (c´est vrai, et alors ?!). Il s´agit de suivre Claude Brasseur qui tient le rôle d´un détective privé (ancien officier de police). Il traîne son imperméable dans de sordides histoires d´adultères jusqu´au jour où il découvre qu´une affaire peut l´emmener plus loin, à la poursuite d´un industriel magouilleur qui cherche un diamant << le grand mongol >> (perdu puis retrouvé). Il va donc vivre plus d´aventures (que sa vie ne le lui a permis jusqu´à lors), il va vivre dangereusement puisqu´il le faut ! Bien épaulé par sa femme, Annie Girardot (toujours agréable à voir, un peu espiègle, elle est drôle et naturelle !), il enquête dans un milieu de politiciens véreux. On assiste d´ailleurs à une scène retrouvée quelque vingt ans plus tard dans Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick quand Tom Cruise se retrouve malgré lui dans une orgie sexuelle organisée par un ponte du gouvernement.

Une atmosphère : tendue, crispée sans être lourde. On y croit même si rien n´est pris au sérieux. En effet, entre prostitués, argent, meurtres, espionnage et double-jeu, on baigne dans le film policier (noir peut-être).

Une musique : extrêmement travaillée semble-t-il. Sans surprise, elle colle au genre donnant à entendre un peu de suspens, de dramatisation, de légèreté. Elle ne perturbe pas au contraire, mais englobe la trame narrative.

Cependant, modérons notre enthousiasme en disant que la réalisation reste bancale et manque de dynamisme. Les inserts sur les chaussures du tueur par exemple, les révélations, l´explosion finale, et même les gifles sont académiquement filmés. On dirait un film de fin d´étude qui certes n´aurait pas eu une mauvaise note (l´essentiel est compris) mais science sans conscience n´est que ruine de l´âme ! Makovky n´en étant pas à un coup d´essai (puisqu´il a déjà réalisé des courts-métrages et des documentaires), il était légitime d´attendre plus de recul. Il faut vivre dangereusement est donc un film à voir (au moins pour Annie Girardot). C´est un mini-classique du genre qui eut pu toutefois être mieux fait.

Titre original : Il faut vivre dangereusement

Réalisateur :

Acteurs : , , , , , , , ,

Année :

Genre :

Durée : 105 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Outrage

Outrage

Les six films d’auteur réalisés par Ida Lupino entre 1949 et 1966 traduisent l’état de « victimisation » dans lequel est maintenue
la femme américaine face aux défis de la reconstruction sociale de l’après-guerre. « Outrage » formalise, à travers l’esthétique du film noir, le trauma existentiel d’une jeune fille sauvagement violée. Poignant en version restaurée.

Interview d’Abel Danan.

Interview d’Abel Danan.

Pour son deuxième court-métrage, Love Cantata, Abel Danan s’est entretenu avec nous. C’est l’ occasion de découvrir un cinéaste très prometteur, que Vanity Fair vient de classer dans son palmarès annuel des jeunes talents à suivre de près.