Select Page

Festival « Un état du monde… et du cinéma » 2012

Article écrit par

Du 30 novembre au 9 décembre 2012, venez prendre la température d´un monde en légère surchauffe au Forum des images à Paris. Avec le réalisateur philippin Brillante Mendoza et la journaliste Florence Aubenas.

Temps fort de la riche programmation du Forum des images, le festival Un état du monde… et du cinéma est devenu en quelques années seulement un rendez-vous incontournable. À tel point qu’on est surpris de n’en être qu’à la quatrième édition, alors même qu’on en suit régulièrement la programmation. 40 films, 9 avant-premières, des tables rondes, des rencontres… Interrogeant le monde par les films, Un état du monde… et du cinéma établit une vraie géopolitique du cinéma qui se partage, cette année encore entre regard historique, étude thématique et réaction à chaud à l’actualité la plus contemporaine.

Brillante Mendoza est l’invité d’honneur et le parrain cinématographique de cette édition. Le festival consacre ainsi une rétrospective en six films au cinéaste philippin dont le récent Captive avec Isabelle Huppert nous avait ému. Le réalisateur de Serbis (2008) et Lola (2009) reviendra longuement sur son parcours lors d’une master class dimanche 2 décembre, qui sera suivie de la projection en avant-première de son nouveau film Thy Womb. Les Philippines étant décidemment bien présentes à Paris cette semaine avec la projection le 28 novembre du dernier film du jeune Raya Martin, The Great Cinema Party, aux Beaux-Arts de Paris, cinéaste dont nous avions beaucoup aimé le fascinant Independencia (2010).
 
 

Lola de Brillante Mendoza (2009)
 
 
Autre invitée de marque, et parrain – ou plutôt marraine – politique du festival, la journaliste Florence Aubenas qui couvre la révolution syrienne pour Le Monde. Elle accompagnera une programmation autour du "cinéma syrien : des images pour la révolution" qui, entre rencontres et films – en présence des réalisateurs Ossama Mohammed et Meyar al-Roumi -, confrontera les films d’hier aux aspirations d’aujourd’hui. La table ronde "La création cinématographique en Syrie à la lumière de la révolution" animée par Cécile Boëx le 7 décembre sera l’occasion de découvrir des images tournées durant la révolution : le court documentaire Les Tournesols de Rastane (Al-Rastan – réalisateur anonyme, 2011) ainsi qu’une sélection de films du collectif Abounaddara.

Cette vision transhistorique se poursuivra avec un portrait de l’ex-Yougoslavie vue par des cinéastes contemporains et un cycle sur l’esclavage moderne au cinéma. Mêlant avec intelligence films connus (It’s a Free World! – Ken Loach, 2008 ; Biutiful Alejandro González Inárritu, 2010) et cinématographies plus souterraines, le festival dresse le portrait d’un monde en crise que le cinéma ne doit pas cesser d’interroger, malgré ses parfois nombreuses difficultés à exister – comme le montre notamment le beau Un cinéma muet de Meyar al-Roumi (2001).

Parmi les évènements de cette édition, on notera la présentation par Miguel Gomes du beau Tabou le 1er décembre sur lequel nous reviendrons à sa sortie, et, le 5 décembre, du très attendu nouveau film de Marco Bellocchio, La Belle endormie avec Isabelle Huppert qui, après Amour de Michael Haneke, se retrouve une nouvelle fois confrontée à la question de la fin de vie, mais dans un tout autre contexte. Nous y reviendrons…
  
 

  
La Belle Endormie
de Marco Bellocchio & Wadjda de Haifaa al-Mansour
 
 
Le festival Un état du monde… et du cinéma commence le 30 novembre avec la projection en avant-première de Wadjda de Haifaa al-Mansour, première femme réalisatrice d’Arabie Saoudite dont le film a été présenté à la dernière Mostra de Venise, en sa présence ainsi que celle des deux parrains de l’édition.

Festival Un état du monde… et du cinéma – 4e édition
Du 30 novembre au 9 décembre 2012
Forum des images, 2, rue du Cinéma, Paris
Retrouvez toute la programmation sur le site du Forum des images


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

La Cité sans voiles

La Cité sans voiles

Prototype matriciel du «noir procédural», «La cité sans voiles» fraye la voie vers un courant néo-réaliste semi-documentaire issu de l’immédiat après-guerre. Drapée sous une chape nocturne, la métropole new-yorkaise bruisse de mille faits divers crapuleux. Le jour venu, à l’été 1947, la brigade des homicides dont le bureau est la rue, bat le pavé brûlant des artères populeuses pour les élucider.