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Festival Premiers Plans d´Angers 20eme édition

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Du 18 au 27 janvier 2008 la paisible et jolie ville d´Angers s´apprête à découvrir le cinéma de demain.

Du 18 au 27 janvier prochain, la paisible et jolie ville d’Angers s’apprête à découvrir le cinéma de demain. Né d’une idée de Claude-Eric Poiroux en 1988, Premiers Plans est en effet un festival atypique et courageux, qui préfère aux stars et aux paillettes les jeunes réalisateurs, sans nom et avec un seul film dans leur bagage. Le défi semble improbable ? Et pourtant le public répond présent, depuis vingt ans, et le festival gagne chaque année en ampleur et en popularité !

20 ans, ça se fête ! Sur les écrans d’Angers une ample rétrospective permettra de revoir les fruits de ces longues années de travail et de retrouver les films de cinéaste qui débarquèrent à Angers en étant des illustres inconnus et qui aujourd’hui remplissent les salles et les colonnes des critiques ! Adblattif (Abdellatif) Kechiche, pour citer le plus en vogue, qui en 2001 présenta La faute à Voltaire, et qui fait maintenant la une des Cahiers du cinéma ! Mais aussi Arnaud Desplechin, passé par Angers en 1991 avec La vie des Morts ; Xavier Beauvois, l’année suivante avec Nord, ou Dagur Kari (Noi Albinoi, 2003), Fatih Akin (L’Engrenage, 1999), Danny Boyle (Petits meurtres entre amis, 1995), Sheane Meadows (Twenty four seven, 1998)… Le passé d’Angers est riche de noms qui sont aujourd’hui rentrés à plein titre dans le paysage du cinéma européen et mondial : pourrait-il y avoir une meilleure carte de visite que le Festival d’Angers ?

On est d’autant plus curieux que la compétition officielle de cette année ne démord pas de ses ambitions quant à la diversité des pays représentés et des propositions cinématographiques. Parmi les longs métrages, les plus attendus bien sûr, le panel va de la Russie (Prosté veci de Alexei Popogrebsky) à l’Espagne (Yo de Rafa Cortès), en passant également par la France (Les Grands s’allongent par terre de Emmanuel Saget), la Pologne, l’Estonie… pas mal pour un festival européen ! Histoires et images différentes, plans, premiers plans, qui ouvrent les yeux sur la richesse et la diversité d’un continent qui n’est pas un, uni dans la différence, aussi grand que complexe et contradictoire.

Et ce « melting pot » qu’est l’Europe sera davantage apprécié dans les deux programmes de courts métrages (français et européens), où défileront, l’un à la suite de l’autre, des films aussi divers que surprenants, allant du drame plus classique (Petite Flamme d’Eric Morfaux) aux expérimentations plus hasardeuses (Public Spaces de Matjin Veldhoen), aux films en costume (Le mort n’entend pas sonner les cloches de Benjamin Mirguet). Bref, de quoi se faire une idée conséquente des orientations du cinéma européen contemporain, de voir ses tendances, ses lignes directrices, pour mieux comprendre où se situent ses écarts et pôles les plus extrêmes.

Et ce n’est pas tout… si malgré tout ça il vous reste encore une envie de cinéma, Angers propose cette année une rétrospective intégrale Resnais (décidément 2008 se présente sous son signe), un hommage à Jeanne Moreau (marraine du festival, qui fête ses 60 ans de cinéma), ainsi que des ateliers, des tables rondes avec des professionnels, des débats, des concerts, des lectures de scénarios… bref, pendant dix jours le cinéma et la ville d’Angers ne feront qu’un, pour le bonheur des cinéphiles et particulièrement des « chasseurs de tête ».


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