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Bilan du festival Panam Anim

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Une quinzaine de courts métrages d´animation, réalisés par des artistes fraîchement diplômés, ont été présentés à la Gaîté Lyrique les 19 et 20 octobre. Enthousiasmant !

Le festival Panam Anim, qui célébrait cette année sa deuxième édition, se donne pour mission de faire découvrir au public les talents de demain. Comment ? En réunissant les meilleurs courts métrages réalisés par des élèves issus d’écoles d’animation françaises et chinoises. Un jury, présidé cette année par le graphiste Jean-Paul Goude, était chargé de les départager.

16 films ont ainsi été projetés à la Gaîté Lyrique les 19 et 20 octobre, reflétant une grande diversité d’imaginaires et de techniques : animation traditionnelle ou numérique, image de synthèse, papier découpé (pas de pâte à modeler, hélas)… Les organisateurs du festival ont pris soin de faire alterner des œuvres expérimentales, à la limite de l’abstraction, et des courts métrages plus classiques, sur lesquels planaient l’ombre des grands crus Pixar ou Dreamworks. Rebelote (1), qui met en scène les éternelles querelles entre des super-héros vieillissants, ferait presque songer à une version trash des Indestructibles (Brad Bird, 2004). À la française (2), premier prix, propose pour sa part une variation, piquante à souhait, sur le thème de l’humanité et de la bestialité : la cour de Louis XIV, rassemblée à Versailles, n’est plus qu’une assemblée de poules et de coqs qui dissimulent sous leurs corsets des pulsions animales irrépressibles.

Parmi la quinzaine de films présentés, qui fourmillent d’idées et de trouvailles réjouissantes, on retiendra quelques pépites. Oru Burus (3), deuxième prix, qui se clôture sur une jolie référence à Méliès, a pour protagoniste un petit roi tyrannique et ridicule, prêt à toutes les folies pour dompter le soleil et en faire son esclave. Carn (4), court métrage à l’animation épurée et délicate, décrit la rencontre entre un enfant transi de froid et une louve agonisante. Curieusement, les rapports conflictuels entre l’homme et la nature, qui occupent une place grandissante dans le cinéma d’animation depuis une décennie, hantent les jeunes réalisateurs : univers apocalyptique de Solus (5), disparition progressive de l’humanité dans Bet She’an (6)

On ne s’étonnera pas que le prix spécial du jury soit allé à François Dufour pour Tu fais quoi comme boulot ?, une enquête sur la distraction au travail illustrée avec décalage et légèreté. Un vrai plaisir !

Panam Anim est la preuve vivante que l’animation française, célébrée dans le monde entier, a encore de belles heures devant elle…

N.B. : La plupart des films présentés lors du festival Panam Anim sont accessibles gratuitement sur Internet. Pour plus d’informations : www.panamanim.com
 
(1) Paul-Jules Alchier, Cyril Coste, Christofer Henri, Franck Pagnon, Gaëtan Simonot – ESMA Toulouse.
(2) Julien Hazebroucq, Emmanuelle Leleu, Morrigane Boyer, Ren Hsien Hsu, William Lorton – Supinfocom Arles.
(3) Anton Brand, Guillaume Klein, Charlotte Quillet, Raphaël Théolade – Supinfocom Valenciennes.
(4) Jeffig Le Bars – Émile Cohl.
(5) Robin Bersot, Camille Dellerie, Mickaël Larue, Thomas Rodriguez – ESMA Montpellier.
(6) Julien Soler, Guillaume Raynaut, David Calvet, Bastien Letoile, Gongjin Wang, Jérémy Charbonel – Supinfocom Arles.
 


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