Avatar : La voie de l’eau n’était pas la claque annoncée. Hormi quelques moments de bravoure, le film souffrait de longueurs, d’une narration fragile et d’une mise en scène en retrait. Trois ans plus tard, James Cameron revient nous plonger dans l’univers des Na’vi avec la promesse d’un nouveau chapitre encore plus impressionnant. Pari tenu ? Oui, mais c’est plus compliqué.

Mettons les choses au clair : le principal intérêt d’Avatar est de faire vivre une expérience hors normes à ses spectateurs, en se basant sur la découverte de Pandora et de la richesse de son écosystème. Entre les paysages époustouflants, les forêts luxuriantes et les liens spirituels inter-créatures, la planète est un véritable terreau fertile au spectacle cinématographique. Afin de garantir ce divertissement gargantuesque, les films voient leur scénaris simplifiés au profit du sensoriel et du spectaculaire. Une idée que l’auteur de ses lignes ne peut que saluer, tant les grosses productions actuelles semblent s’auto-saboter avec des histoires inutilement alambiquées (Mission Impossible 8, si tu passes par-là).
En surface, Avatar : De feu et de cendres respecte les racines de la franchise. Le film contient un paquet de séquences réellement impressionnantes, là où le second volet en manquait cruellement. D’une course poursuite aérienne dans la ville industrielle jusqu’à un combat au cœur des montagnes Hallelujah, James Cameron use chaque centimètre de ses décors. Le metteur en scène s’amuse avec ses jouets et ça se ressent. Son orchestration de l’action amène des chorégraphies physiques et palpables. Chaque mouvement a une ampleur, une résonance. En effet, l’entreprise jouit d’une finesse plastique et sonore qui donne un poids aux images. La technologie s’efface pour ne laisser place qu’à l’immersion et c’est bien la preuve ultime de sa réussite.
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Cependant, au milieu de cette parfaite usine numérique ère un scénario malade. Pour apporter de la consistance à cette immense création, il faut des personnages avec des arcs définis et solides, sans avoir besoin d’être révolutionnaires. Force est de constater que le récit peine à en imposer. De ce fait, les personnages stagnent, les enjeux se recyclent, et on finit par se lasser. Pour exemple, la relation entre le colonel Quaritch et son « fils » Spider subit une évolution si étirée qu’elle tiendrait en un seul film. Sans parler des protagonistes principaux, notamment Jake Sully, qui ne parviennent que trop rarement à exister. Il devient de plus en plus difficile d’éprouver un quelconque attachement à cette brochette surchargée de coquilles vides.
Mais s’il y a bien une victime dans ce rouleau compresseur, c’est Varang, la nouvelle antagoniste. Colonne vertébrale de la promotion et de la direction artistique, elle n’apporte finalement rien à l’avancée des événements ; et s’avère n’être qu’un outil scénaristique, un sbire. Son apparence de sauvage sexualisée accro aux armes pose question sur la pertinence de sa représentation. Au final, elle disparait du climax aussi vite qu’elle a été introduite, telle une péripétie sans importance. La vacuité de sa présence résume l’esbroufe du projet. Il faut se rendre à l’évidence : la franchise ne raconte plus grand chose. Ce qui est frustrant, c’est qu’elle en a le potentiel mais pas les intentions.

De plus, Cameron refuse de clore la moindre parcelle de son récit. Vendu comme une première « conclusion », Avatar : De Feu et de Cendres se termine sur un troisième acte honteux car mensonger et éclipsé. C’est à ce moment-là que le contrat se brise. 3h20 de film sans finalité, ni accomplissement majeur. On en vient à se dire que les efforts fournis ne sont pas récompensés. La saga s’enlise dans un récit choral, décousu et rébarbatif, au sein duquel chaque nouveauté éphémère est une excuse à la production du film suivant. Enfin, il est malheureux de constater que la mise en scène n’est plus au niveau de la majestuosité attendue. La caméra oscille maladroitement entre un regard « humain », jouant avec le gigantisme ; et un regard sans corps, à hauteur de rien, qui aplatit les échelles et amoindri l’impression de grandiose. Le film manque de compositions marquantes, de singularité, d’ingéniosité, d’impact. La musique de Simon Franglen (en pilotage automatique) est noyée dans un mixage qui ne lui permet pas d’être appréciée. Ainsi, l’ensemble perd en intensité émotionnelle. De l’émotion. Voilà ce qu’il aurait fallu.
Parasité par un récit paresseux et une empreinte cinématographique trop discrète, Avatar : De feu et de cendres n’est pas la conclusion espérée et souffre des mêmes défauts que La Voie de L’eau. Néanmoins, la promesse d’un grand spectacle populaire est tenue.





