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Tsui Hark, le dragon céleste hong-kongais

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« Tsui Hark est un réalisateur exceptionnel, mais c’est aussi un type hypersensible, toujours sur la défensive, à la limite de la paranoïa » (Terence Chang)

Tsui Hark fait partie de ces monuments du cinéma, mais il reste trop peu connu en Occident. Ce réalisateur, producteur, scénariste et acteur à ses heures perdues, fait rayonner le cinéma d’action hong-kongais depuis une trentaine d’années.

On le dit perfectionniste, despote, caractériel mais tout le monde reconnait en lui un génie complètement fou et visionnaire. Et le comble dans tout cela, c’est que ses films sont extrêmement rentables !

Tsui Hark est un touche-à-tout qui mélange avec volupté violence, humour et romantisme. A chaque fois qu’il s’attaque un genre, il le réinvente : en 1983 avec Zu, les guerriers de la montagne magique, il remet au goût du jour le Wu xia pian, style très populaire en Chine, mixte entre le film de cape et d’ épée et l’heroic fantasy. Il s’attaque également au polar en 1986 en produisant les Syndicat du crime 1,2,3 (réalisé par John Woo), et le Kung-fu avec Il était une fois en chine en 1991.

Comme un grand nombre de ses compatriotes (Johnny To par exemple), Tsui Hark est très prolifique. En 1992 il participa tantôt en tant que réalisateur, scénariste ou producteur à pas moins de sept films. Mais ses débuts ne furent pas si simples. Son premier film réalisé en 1979, Butterfly Murders, s’insère dans une trilogie de la violence (avec We’re Going to Eat You et L’Enfer des armes) qui est boudée du public, ses films étant jugés trop agressifs et provocateurs.

C’est en 1983 que Tsui hark réalise son premier chef d’œuvre. Deux ans plus tôt il était entré dans la société de production Cinema city pour y faire des films plus commerciaux : pari réussi car Zu, les guerriers de la montagne magique est un succès critique et commercial.

Très vite, Tsui hark prend son indépendance et crée sa propre boite de production, Film Workshop, ainsi qu’une société d’effet spéciaux, Cinefex. Il s’impose alors à la fois comme réalisateur avec des chefs d’œuvres comme Shanghai Blues ,Peking Opera Blues, Swordsman,Green Snake, mais aussi en tant que producteur, casquette à travers laquelle il produit de grandes saga aujourd’hui devenues cultes : la trilogie Le Syndicat du Crime, l’hexalogie des Il était une fois en chine, la trilogie des Histoire de fantômes chinois , Black Mask 1 et 2…

Sa collaboration la plus légendaire est celle qui le lie avec le réalisateur John Woo. Ensemble, ils donnent naissance aux polars qui marqueront toute une génération : The Killer, Le syndicat du crime 1 et 2. Mais le caractère de Tsui Hark et la vision différente des deux hommes les amène à se brouiller pour le film Une balle dans la tête. En effet Tsui hark y voit une histoire d’amour romantique alors que John Woo une histoire d’amitié virile. Résultat, Tsui Hark ne produit pas le film, et les deux hommes ne collaboreront plus jamais ensemble.

Leur différence se retrouve aussi dans leur manière de réaliser. John Woo aime les personnages instinctifs et sa réalisation emprunte beaucoup au cinéma hollywoodien avec notamment l’utilisation de ralentis à outrance. De son coté, Tsui hark préfère les personnages plus psychologiques et utilise une réalisation plus "asiatique" (utilisation de zoom, plan innovateur et recherché, composition de cadre original, découpage non surclipé…) et brute. On retrouve cet esprit dans Le syndicat du crime 3 que Tsui hark réalise pour se venger de son compère.

L’autre grande rencontre de sa carrière sera celle avec Jet Li, avec qui il collabore sur la saga Il était une fois en Chine. Mais encore une fois, une brouille entre les deux hommes (dont les raisons restent encore obscure aujourd’hui) met fin à leur duo (Jet li ne jouera que dans les trois premiers opus et dans le 6 ème, mais sous la direction de Sammo Hung).

Quoi qu’il en soit, à chaque fois que Tsui Hark lance un film, il prend le soin de s’entourer des plus grands comme les acteurs Maggie Cheung, Donnie Yen, Samo Hung, le chorégraphe et réalisateur Yuen Woo Ping, le producteur Karl Maka, l’acteur et chorégraphe Ching Siu-tung, le chorégraphe Corey Yuen, le réalisateur Johnny To, ou encore Kirk Wong (crime story). Il va aussi élever aux rangs de stars  Jet Li, Leslie Cheung, Brigitte Lin et son meilleur ennemi John Woo.

 

Fin des années 90, Tsui Hark, comme John Woo avant lui, tente l’expérience Hollywoodienne en 1997 et 1998 avec deux films Double Team et Piege à Hong -kong. Mais contrairement à sont acolyte il se rend vite compte qu’Hollywood ne comprend rien au génie et au style du cinéma d’action de Hong-Kong. C’est pourquoi il revient très vite en Asie et recommence à réaliser, écrire ou produire des grands films mais en réduisant la cadence de production : le magnifique Time and Tide en 2000, Black Mask 2 et La Legende de Zu en 2001, Seven Sword en 2005, la première partie de Triangle (les deux autres parties étant réalisés par Ringo Lam et Johnnie To) ou encore All about women en 2008.

Aujourd’hui, Tsui Hark prépare son prochain film (tournage prévu en 2010), Detective Dee and the Mystery of the Phantom Flame, avec Andy Lau (Infernal Affairs, Les Seigneurs de la Guerre,Running out of time), une enquête dans la Chine médiévale mélangeant thriller et arts martiaux.


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