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The Dark Knight

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Batman aborde une phase décisive de sa guerre au crime. Avec l’aide du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur Harvey Dent, il entreprend de démanteler les dernières organisations criminelles qui infestent les rues de sa ville. L’association s’avère efficace, mais le trio se heurte bientôt à un nouveau génie du crime qui répand la terreur et le chaos dans Gotham : le Joker…

Malgré quelques défauts dommageables (dont des scènes de combats brouillonnes), Batman Begins avait constitué la dernière adaptation marquante de comics, notamment due à l’essoufflement constaté dans le troisième Spider – Man. Par sa construction ambitieuse et son ton épique, par ses thématiques fortes ainsi que la personnalité et les motivations de Bruce Wayne, abordées avec plus de profondeur que toutes les précédentes adaptations, le film se détachait du tout venant du genre.

Batman Begins se terminait sur une note d’espoir, Batman ayant réussi à créer un élan dans la lutte contre le crime à Gotham City, tout en laissant poindre l’arrivée de menaces plus grandes, notamment par une allusion au Joker. Quant à Bruce Wayne, sa romance avec Rachel (Katie Holmes, remplacée ici par Maggie Gyllenal) était mise en suspens par cette dernière jusqu’au jour où il renoncerait à porter le masque de Batman.
Le début de cette suite reprend directement ces pistes narratives, avant d’aborder des chemins plus troubles. Ainsi, la première heure met en scène, en quelque sorte, le triomphe de Batman, plus impressionnant que jamais, multipliant les coups de forces (dont un étonnant périple à Hong Kong), et parvenant à faire inculper toute la pègre de Gotham.

Tous les nouveaux questionnements sont amenés par les deux personnages introduits dans ce volet : le Joker et Harvey Dent. D’un côté, le Joker (porté par l’interprétation fiévreuse et inquiétante du regretté Heath Ledger), électron libre uniquement préoccupé par le chaos qu’il peut provoquer, interroge les conséquences de l’arrivée de Batman à Gotham City, sa justice hors norme convoquant désormais des criminels tout aussi inclassables. Comme le souligne un dialogue vers la fin du film, il est l’envers indissociable de Batman, et n’existe qu’à travers lui.
Si le Joker représente la facette sombre de Batman (provoquant le trouble chez ce dernier, sur la méthode à employer à son égard, comme en témoigne une scène d’interrogatoire musclée), Harvey Dent, procureur droit et incorruptible, représente lui la lumière, le justicier que Gotham admire (et dont Bruce Wayne espère prendre la relève), tandis que Batman, mal nécessaire, est celui « que Gotham mérite ». L’excellente prestation de Aaron Eckhart illustre à merveille le charisme de cet homme vertueux, tout en désignant ses zones d’ombres, qui engendreront sa transformation dramatique en Double Face. A ce niveau, on saluera le scénario assez brillant, qui réussit à mêler aspect épique, grande fresque criminelle et film de super héros, tout en développant très intelligemment ses enjeux complexes.

Si l’on cherche encore l’influence de French Connection revendiquée par Nolan sur Batman Begins (sans doute noyé par son co scénariste Goyer), celle de Michael Mann et en particulier de Heat est ouvertement assumée, faisant du film un vrai grand polar, auquel se greffe l’élément super héros. L’esthétique urbaine neutre et moderne de Gotham (loin de la recherche graphique des Burton), appuie l’aspect réaliste voulu (le périple à Hong Kong ancre bien le Dark Knight dans le monde réel d’ailleurs), tandis que le formidable casse d’ouverture, ainsi que les moments de spleen de Bruce Wayne devant sa baie vitrée, paient leur tribu à Michael Mann.
Nolan a également réalisé de gros progrès au niveau des scènes d’actions, ici nombreuses et impressionnantes, à l’image de la longue course poursuite entre un camion et Batman, tour à tour aux commandes de la Batmobile et de sa moto, formidable séquence héroïque où le spectateur sent le frisson lui traverser l’échine. Moment suivi de près par le pic d’intensité dramatique du film, où Batman va devoir se plier à un choix terrible, victime qu’il est des manigances du Joker. Choix qui aura des conséquences dramatiques sur les personnages clés du film. C’est d’ailleurs le seul reproche que l’on puisse faire : passé ce moment incroyable, le film n’atteint plus la même hauteur (alors que le crescendo était magistral jusque là), et s’éternise un peu trop dans un climax moins palpitant. Et ce malgré la dernière séquence, qui, solonelle et funèbre, apporte de belles promesses pour le probable troisième épisode. Sans conteste un des meilleurs films hollywoodiens de l’année, et l’un des plus beaux représentant des films de super héros.

Titre original : The Dark Knight

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Durée : 147 mn


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