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Kaboom

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Araki touille ses space cookies, coucheries et délires métaphysico-ados qui occupent l’essentiel de cet univers orgiaque.

Smith est un étudiant qui traîne dans le campus, avec son acolyte, Stella. Alors que s’approche l’heure de souffler ses dix-neuf bougies, des événements étranges et hallucinatoires se déroulent tout autour de lui.

 
Le collège fou, fou, fou, fou…

Kaboom ! Le titre volcanique tient les promesses d’un programme tout à fait alléchant. Araki présente un teen-movie avec une orgie de personnages bien givrés. Stella, la meilleure amie de Smith, crache les vannes avec le rythme inépuisable du lapinou des piles Duracell et la méchanceté d’une mitrailleuse. Mais tout le monde ne jouit pas de sa vivacité d’esprit pour lancer des répliques assassines. La lumière ne règne pas à tous les étages du cerveau de Thor, le coloc’ qui ressemble vraiment au Thor de Marvel, avec un regard de plouc en prime et une collection de chaussures, capable de provoquer un séisme chez Vogue. La présentation du personnage en voix off (par Smith, échangeant avec Stella) donne une tournure de conversation "langue de catin", purement jouissive ! Au pays loufoque des étudiants, Araki ajoute aussi une lesbienne aussi canon que psychopathe et un ange gardien queer, version Mika, un peu basané, avec GPS dernier cri et unique en son genre !

Je baise, tu baises, il / elle / on…. tout le monde baise.

Smith est l’élu dans ce monde où, lorsque la nuit s’abat sur le campus, les vilains méchants se dérobent sous des masques d’animaux évoquant les personnages des collages de Max Ernst. Dans son oeuvre Une Semaine de la bonté, l’artiste surréaliste décrivait violence, meurtre, torture et catastrophe. Chez Araki, l’univers n’est pas si éloigné. Le son des trompettes de l’Apocalypse pourraient éclater, une fois le bouton rouge déclenché par un gars en toge et sandalettes, un extra terrestre écho à Mysterious Skin, un canard vibrant SM ou un chinchilla, qui sait ! Les teens se perdent dans le sexe, en élargissant à gogo l’éventail des possibilités. Un coup, on se branle, un coup, on couche avec le même sexe. Et, plus on est nombreux dans les draps, plus c’est fun, bien entendu !

 
 
He’s just kidding !

Kaboom filme les ados sans repères mais ici, il n’y a point d’éruption acnéique. (Dieu merci !). Tout le monde, il est beau (mais pas gentil), splendide et, miraculeusement, canon. (Roxane Mesquida, entre autres, est de la partie !) L’univers regorge de belles et beaux gosses. Les personnages semblent enfantés par une Aphrodite et un Apollon, joyeusement gavés de space cookies. Outre une orgie, le monde est une gigantesque hallucination où le crâne se cogne contre les murs labyrinthiques d’un Lost Higway ou d’un Mulholland Drive. Les plans sur la bouffe pleuvent comme pour suggérer un écoeurement face au néant. Le dénouement en est la preuve royale. Araki emprunte un ressort digne de Dallas, des Feux de l’Amour ou de Santa Barbara, accompagné du Bitter End de Placebo (les visages boutonneux nous sont épargnés mais pas la voix de Brian Molko…), pour apporter sur un plateau la notion de nihilisme, éclatant à la gueule. Ah, la bonne blague !…

Titre original : Kaboom

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Durée : 96 mn


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