Jimmy Rivière

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Jimmy Rivière, jeune gitan passionné de boxe et accro à sa copine Sonia, doit faire un choix entre ses envies et la pression chrétienne que lui impose petit à petit le groupe de gens du voyage auquel il appartient. De la passion à la raison, jusqu´où se limite dans sa propre vie l´appartenance à une communauté ?

Jimmy est nerveux, sanguin, vif. Sa passion depuis toujours, la boxe thaï, canalise toute son énergie, faisant de lui un des meilleurs sur le ring. Sa copine Sonia, loin d’être une gitane comme lui, partage néanmoins la même agressivité et impulsivité, l’accompagnant au quotidien, le complètant, le tenant en éveil amoureux. Sauf qu’arrive un jour le temps du repli sur ses sources, ses origines, sa communauté, régie et organisée par un pasteur et des fidèles croyants.

Un scénario du vécu

Pour son premier long-métrage, Teddy Lussi-Modeste se lance dans un scénario qu’il a lui-même vécu. Être gitan, français, gens du voyage, vivre dans un camping-car ou à l’arrière d’un van – comme c’est le cas pour Jimmy dans le film –, cette vie si particulière était celle du réalisateur. Bien ficelé, le scénario, imaginé au détail près, donne l’image d’une vie hors normes et presque hors confort, constamment dénigrée par les habitants des maisons voisines, toujours en négociation avec le maire ou ses conseillers, quand il s’agit de l’espace occupé.

Cette question d’actualité brûlante se pose dans Jimmy Rivière de manière subtile. Plutôt que de revenir sur la relation entre gens du voyage et communautés voisines, de présenter les gens du voyage comme de possibles vecteur de problèmes, de peur ou de mauvais sentiments, Teddy Lussi-Modeste prend l’exemple d’un homme de cette communauté, qui doit faire un choix de vie, imposé par sa situation sociale et humaine.


Comprendre plutôt que juger

A travers le portrait poignant de Jimmy, que l’on soit bourgeois, ouvrier, intellectuel, adolescent, senior, femme, homme, il est très simple de s’identifier à ce qu’il vit, ce qu’il ressent et ce qui lui est imposé. Telle une histoire universelle sur un choix peut-être fait par beaucoup d’hommes et de femmes dans leur vie, Jimmy incarne la résistance aux pulsions, aux pressions sociales et aux renoncements de soi pour la communauté.

Sa passion dévorante pour Sonia, impossible à renier, son désir de boxer – motivé par son coach, bien interprété par une Béatrice Dalle dure et obstinée – et son caractère nerveux et sincère obligent Jimmy Rivière a se poser des questions, osciller entre conversion au pentecôtisme et renoncement aux valeurs de la communauté gitane. Se sentir plus fort tout seul, arrêter de dépendre des autres… Le film divertit autant qu’il lève un tabou, pose des interrogations sur la difficulté à se détacher de son groupe d’appartenance, voire de sa famille.

Au-delà du film

La force de Jimmy Rivière réside dans sa capacité à laisser le spectateur entrer dans cette histoire, vivre avec Jimmy cette période dure dans sa vie d’homme, tout en laissant un goût amer sur la religion et la communauté gitane. Sont-ils trop innocents et manipulés par un pasteur avide de contrôle ? Sont-ils bien au contraire, au cœur même de ce qu’il se perd dans nos sociétés actuelles, l’union et l’appartenance à une famille, à un groupe solidaire ?

C’est à travers toute cette réflexion et ce sujet sensible dans les débats que Jimmy Rivière trouve sa force. Prendre le contre-pied des ouï-dire en racontant une histoire, une tranche de vie, la souffrance et le tiraillement d’un homme qui demande simplement à vivre sa vie. Loin des clichés, le réalisateur donne à voir la communauté gitane avec un regard sincère, parfois cruel, entier. De là à changer les mœurs et les a prioris… à voir.

Titre original : Jimmy Rivière

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Durée : 90 mn


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