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Cannes 2019, Jour 9 : Xavier Dolan en acteur, Leonardo DiCaprio en écolo et Marco Bellocchio en maestro de la mafia

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Encore une journée exceptionnelle au Festival de Cannes.

L’événement, c’est le film de Xavier Dolan Matthias et Maxime où le réalisateur prodige revient devant la caméra pour coucher ses émotions avec sa bande de copains. Moins sollicité par la presse, le documentaire produit et conté par Leonardo DiCaprio nous a passionné, sur le réchauffement climatique. Et pour finir, c’est le grand retour de Marco Bellocchio en Compétition Officielle, avec Le Traître sur les parrains de la mafia sicilienne. On décrypte ces films, à J-2 de la Palme d’Or.

Xavier Dolan pour « Matthias et Maxime » : faut-il aimer son meilleur ami ?

Le réalisateur trentenaire est entré dans le Grand Théâtre Lumière pour la projection de son film comme une véritable star. A ses côtés, ses amis et acteurs de son film, mais aussi une pluie de célébrités, Marion Cotillard, Gaspard Ulliel, Marina Foïs, tous devant lui pour sa dixième année à Cannes, un « Festival qui lui a donné sa chance« , selon ses propos. Et ce film, Matthias et Maxime, c’est celui d’une bande de potes au Québec, est sans doute son long-métrage le plus intime, le plus rétro aussi, à l’image de son J’ai tué ma mère à ses débuts. On le découvre plus sensible, plus doux, capable de donner à chacun de ses personnages un rôle taillé sur mesure. Malgré de bonnes intentions, le reproche que l’on peut faire est sans doute celui de la longueur. Quelques épisodes un peu légers viennent perturber les scènes fortes du film, nous laissant sur le côté. Le plus plaisant est de le voir jouer, ce réalisateur qui a encore tant de choses à dire et à exprimer via le cinéma. Magnifique Anne Dorval dans le rôle de sa mère, comme d’habitude, que l’on voit métamorphosée dans Matthias et Maxime.

Leonardo DiCaprio s’engage avec un documentaire extraordinaire

La salle était presque vide mais peu importe, il faut parfois se détacher de la Compétition pour aller vers des films présentés d’une grande importance. C’est le cas de Ice on Fire de Leila Conners Petersen, produit par Leonardo DiCaprio et raconté par lui-même. On le savait engagé, mais avec ce film, il va plus loin et donne au public des solutions concrètes contre le réchauffement climatique. Plutôt que d’alarmer simplement et expliquer la très forte présence de CO2 dans notre atmosphère – causant de futures catastrophes naturelles, présageant un avenir catastrophique pour nous, êtres humains – il nous ai expliqué comme s’adapter à ce réchauffement et tenter d’y faire face. C’est à nous d’agir et grâce à des interviews de scientifiques, des cas concrets aux Etats-Unis, au Costa-Rica, en Allemagne, on cerne véritablement les actions à mener pour sauver notre planète, et par conséquent, notre vie sur la terre. Passionnant. Prochainement au cinéma, nous n’avons pas encore la date exacte.

Le grand retour à Cannes de Marco Bellocchio avec « Le Traître »

Marco Bellocchio, c’est Vincere, dans la vie de Mussolini, Buongiorno, notte ou encore Fais de beaux rêves. A presque 80 ans, le maître Italien arrive à raconter des histoires toujours plus touchantes, ancrées dans la réalité et souvent critique. Avec Le Traître, voilà qu’il s’est lancé comme défi de retracer le procès récent des parrains de Cosa Nostra, la mafia Sicilienne, tous tombés entre les mains de la justice à cause d’un traître, Tommaso Buscetta. Entre l’Italie (Palerme), le Brésil où Buscetta s’est envolé et les Etats-Unis, calqué sur la réalité et l’attentat dont le juge Falcone a été victime, on suit avec entrain et appétit les moindres faits et gestes de cette histoire invraisemblable. La drogue ? Non bien sûr. La famille ? Oui évidemment, elle est au centre de l’histoire. La provocation ? Toujours, avec des personnages Italiens qui osent tout, même en plein procès. Avec une réalisation assez vintage, quelques longueurs, on accroche au film ou on s’est éloigne vraiment. L’acteur principal, Pierfrancesco Favino est divin, il est sérieux prétendant au Prix d’Interprétation Masculine. En attendant samedi soir, on regarderait bien les films de Bellocchio qui n’a pas perdu la main pour traiter le réel, les émotions, à la sauce italienne. Au cinéma le 6 novembre 2019.

Demain, dernier jour pour la Compétition avec « Mektoub my love : intermezzo », le film d’Abdellatif Kechiche et « Sybil » de Justine Triet.

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Xavier Dolan, "Matthias et Maxime"

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