Par amour

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Une belle équipe d’acteurs au service d’une comédie sentimentale où chacun cherche son bonheur à travers dépits et larmes.

Décidément, l’amour a en ce moment le vent en poupe. Après Amour (Michael Haneke), voici Par amour, le nouveau film de Laurent Firode, qui décline ce qu’un petit groupe d’humains peut faire, ou ne pas faire, par amour. Il faut dire qu’il s’agit d’une comédie sentimentale comme l’appelle lui-même le réalisateur, qui avait auparavant signé quelques courts métrages, dont Le Battement d’ailes du papillon avec Audrey Tautou, qui l’a fait connaître en 2000.

Film choral si l’on veut, Par amour serait plutôt une comédie insérée dans une tragédie. Le film raconte l’aventure d’un groupe de comédiens amateurs qui, avec l’aide de leur professeur, tentent de monter Roméo et Juliette de William Shakespeare. C’est dire si la situation amoureuse passionnée et tragique de nos deux héros vont faire école sur le comportement de ces jeunes et moins jeunes comédiens qui, à leur tour, se brûleront les ailes aux feux de la passion. Par amour, notre Juliette voudrait prendre le voile coranique sous les conseils d’un fils à papa libanais qui quittera les répétitions avant la première. Par amour, le professeur de théâtre rencontrera un vieux gigolo qui lui en fera voir. Par amour, la petite bourgeoise de banlieue tentera d’échapper à l’amour dévastateur d’un voisin qu’elle a failli écraser. Par amour, une professeur de lettres tombera sous le charme de son plombier. Par amour, et cætera.

 

Rondement mené, comme une ronde sans fin, Par amour est un film sentimental, mais aussi comique et tendre qui ne porte pas de jugement de valeur mais s’achemine vers un happy end qui, même s’il n’est pas complètement inattendu, n’est quand même pas gnangnan. Imbriquées, mais aussi empilées, toutes ces mini-histoires se complètent pour dresser en fait le portrait d’un groupe, d’une classe sociale, d’une partie de la France contemporaine entre émotion et ennui. Le cinéaste parle d’un cinéma mille-feuilles car les histoires qu’il nous raconte, avec un talent certain, sont placées comme des couches successives séparées par une couche d’expérience personnelle et enfin d’une bonne couche de fiction, comme toute bonne recette de cuisine.
 

Pourtant, le plat n’est ni roboratif, ni écœurant, juste à la mesure de notre vie dont nous attendons tous qu’elle change et que l’amour la transforme. Pour finir, il faudrait préciser que ce film – dans lequel Laurent Firode lui-même apparaît à la fin dans un style à la Woody Allen qui sort de la pièce avant la fin – serait moins enlevé sans sa pléiade d’acteurs, connus ou peu connus, tous excellents et complètement différents composant une palette allant du rire aux larmes : mention spéciale à Sofiia Manousha (que l’on vient de découvrir dans Le Noir (te) vous va si bien de Jacques Bral), Valérie Mairesse en mère de famille qui a des visions, Jean-Paul Muel et tous les autres qui composent un kaléidoscope par amour.

Titre original : Par amour

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Durée : 115 mn


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