Légitime Défense

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Un thriller français maladroit dont vous êtes le héros et qui en veut terriblement aux animaux. Thrillant non?

L’année dernière, quasiment jour pour jour, sortait dans les salles Blanc comme neige, thriller français inefficace autour d’un personnage naïf et sans histoire (François Cluzet) qui plonge dans les méandres des affaires louches et des duels au pistolet. Cette fois-ci, c’est Jean-Paul Rouve qui s’y colle. Dans Légitime Défense, utilisant le même concept, il incarne un photographe lambda dont la vie va basculer suite à la disparition de son père, détective. Poursuivis par des méchants voyous et suspectés par la police, il découvre pour la première fois le passé tumultueux et complexe de son géniteur tout en essayant de le comprendre et, tant qu’à faire, de le retrouver.

L’utilisation du personnage principal dont le spectateur peut clairement s’identifier est un procédé pertinent mais qui exige un réalisme soutenu et solide. Le héros du film dégaine pour la première fois de sa vie un revolver et fait mouche dès sa première balle alors qu’il fait face à un mafieux au CV de malfrat bien fourni et possédant une importante expérience en maniement d’armes. Cette chance du débutant permanente dans le film dénature la crédibilité de sa narration en nous écartant de tout processus d’immersion nécessaire au genre. Au fur et à mesure que l’histoire progresse, la tension régresse. Le réalisateur propose des scènes de FlashForward censées allécher et mettre en parallèle les conséquences de la métamorphose du photographe devenu à son tour détective, mais qui finalement ne formeront qu’une scène de balade en voiture qui n’aboutira à rien et ne s’intéressera jamais à l’évolution psychique de son personnage principal.

Et puis il y a les scènes invraisemblables qui bousculeront, avec un peu de notoriété, le palmarès des scènes les plus incongrues du cinéma. Tout d’abord, un surprenant et inquiétant champ lexical cinématographique de l’animal domestique. Il y a des chats partout et quelques chiens pour les accompagner. Cette volonté affirmée de se focaliser sur nos amis les bêtes par des plans obnubilés sur des chats de gouttière ne faisant que marcher et miauler reste encore un obscur mystère. Sans oublier ces scènes insoutenables de massacre de chat (un cendrier sur la tête) et d’un berger allemand (une balle en plein museau) agrémentées de lignes de dialogue d’une profondeur incertaine : « Papa, t’es où ? Ils ont tué Poufy putain ! » sans doute le nom du petit chat et « T’étais pas obligé ! » suite à l’assassinat canin.

Le thriller espéré en perd son objectif initial d’instaurer un climat pesant, annihilé maladroitement par une scène finale grandguignolesque. La résolution de l’énigme, véritable socle de l’histoire, semble vite bâclée et laisse place à un final en forme de face à face entre le héros et son adversaire (Olivier Gourmet, respectable mais délaissé) osant une scène ahurissante que l’on ne divulguera pas (et pourtant, ce n’est pas l’envie qui…) mettant en scène un bébé, un lac et un plongeon. Par chance, le réalisateur ne maîtrise pas son film et distille une œuvre aux fulgurances de second degré malheureusement non assumées.

Titre original : Légitime défense

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Durée : 82 mn


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