Le daim

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Quentin Dupieux nous surprend encore avec son film le plus abouti.

Au même titre titre que Gaspar Noé, présent lui aussi cette année hors compétition officielle avec Lux Aeterna, mais encore plus que lui, Quentin Dupieux, homme orchestre, musicien et cinéaste polyvalent, crée la surprise sur la Croisette avec un film certes déjanté, mais fort intelligent qui allie bien sûr le style Dupieux (Le Steak ou Wrong, entre autres), mais en rendant cette fois hommage au cinéma traditionnel tout en le torturant. Psychose est bien sûr cité, tout autant que Shining, deux films phares qui illuminent le cinéma d’épouvante. Mais son dernier opus, au titre si intrigant qu’on essaiera de ne pas le divulgâcher, constitue une magistrale leçon de cinéma grâce notamment à un scénario parfaitement écrit, à une mise en scène qui a la grande habileté de faire croire au spectateur qu’elle est entièrement improvisée avec un petit CameScope et, bien évidemment, une interprétation aux petits oignons : Jean Dujardin impeccable qui, en plus, donne l’impression de prendre son pied dans ce rôle de fou furieux, et Adèle Haenel, inquiétante et troublante comme jamais dans ce rôle de barmaid monteuse de cinéma.

 

 

Le Daim, présenté dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs est un film de courte durée, il faut le souligner parce que sa durée importe beaucoup et il n’aurait pas supporté d’être étiré dans le temps comme la plupart des films actuels, a créé la surprise mais aussi l’émotion. C’est un film pour cinéphiles certes, mais qui peut plaire à tout public car il navigue à la fois sur l’histoire du cinéma, sur ce qu’on appelle aussi quelquefois le documenteur, tout en restant farouchement fidèle à la Quentin Dupieux touch, avec juste ce qu’il faut d’absurde, d’humour tordant parfois, et de rocambolesque pour en faire un film culte qu’on pourra revoir et revoir encore car il est intemporel. Le Daim parle d’amour, d’ultra moderne solitude, de la folie kafkaïenne, et du dur désir de réussir dans ce monde froid et insensible. Du petit monde du cinéma aussi, de la grammaire narrative, des plans, des travellings. Mais aussi de cinéma, surtout de cinéma. A ne pas rater, ce Daim vous hérissera certes le poil, mais vous étonnera de bout en bout avec des plans à couper le souffle, des idées à la pelle, et des deus ex machina de la table de montage en veux-tu, en voilà.

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Durée : 77 mn


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