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Gemini man

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De retour sur les écrans, Will Smith s’impose un rôle dans la continuité logique de sa carrière dans le nouveau projet de Ang Lee, réalisateur et producteur taïwanais notamment reconnu pour sa capacité d’adaptation au fond et à la forme.

Une quête du miracle technologique…

Après Hulk (2003), L’odyssée de Pi (2012) ou encore Un jour dans la vie de Billy Lynn (2016), Ang Lee continue les expérimentations technologiques puisqu’il nous propose un duel entre Will Smith et son némésis, lui-même, plus jeune. Grâce au procédé étonnant qu’est le de-aging, Gemini Man entreprend de faire entrer en collision l’esprit fatigué d’un tueur à gage de 51 ans avec ce même esprit, 30 ans plus jeune. Récemment retraité, Henry Brogen (Will Smith) se retrouve rapidement en conflit avec ses anciens
employeurs qui lui envoient un homme mystérieux chargé de le tuer, qui peut prédire le moindre de ses mouvements. Bien que peu originale, la potentialité de l’histoire réside avant tout dans sa part d’ombre, dans son mystère qui pourtant est révélé bien rapidement. Il est poursuivi aux quatre coins du globe par cette figure dans l’ombre dont le seul but est de l’enterrer, et qui finira bientôt par entrevoir les enjeux de ce conflit.

 

 

Un échec de l’esthétisme

Ces enjeux, justement, sont dressés tout au long du film par un rythme effréné qui ne laisse que peu de répit puisque les menaces et les rebondissements s’enchainent. Ils sont portés par une cadence de plans dynamique, des séquences d’action extrêmes et des effets technologiques de pointes censés stimuler les réactions. Tout est plus intense, plus impressionnant, sans pour autant tomber dans cette obsession pour le grand, pour le magistral. Pourtant, les effets escomptés s’essoufflent vite et le dispositif perd de son intérêt. Le faux y est si présent qu’il fini par se signifier lui-même, par agacer le spectateur. Les scènes de combat, certes habilement filmées, paraissent calculées et immatérielles. Elles sont dénaturées par la technologie, comme d’ailleurs une grande partie du film. Alors, même voir Will Smith dans la fleur de l’âge se mouvoir parfaitement conservé n’est plus aussi impressionnant qu’on aurait pu le laisser croire. Au final, Will Smith ne reste Will Smith que parce qu’il a vieilli avec son époque, et on se lasse rapidement de cette vision rajeuni de l’acteur malgré un réalisme surprenant. Au lieu de donner au film une étincelle de vie et une apparence palpable, les procédés utilisés ne font que l’étouffer et l’empêcher de se libérer de ses propres contraintes. Force est de constater, malheureusement encore une fois, que les progrès technologiques ne servent pas toujours les progrès esthétiques.

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Durée : 117 mn


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