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Fukushima, le couvercle du soleil

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Récit choral qui relate la catastrophe de Fukushima qui frappa le Japon le 11 mars 2011. Une histoire qui passe à côté de son sujet.

Le 11 mars 2011, le Japon est frappé par un séisme de grande ampleur qui provoqua la tristement célèbre catastrophe nucléaire de Fukushima. Futoshi Sato, jeune réalisateur dont c’est le premier film à parvenir jusqu’à nous, montre le désastre d’un point de vue choral : l’on suit aussi bien le premier ministre (et sa capacité à gérer la situation) qu’un journaliste de Tokyo ou un employé des usines nucléaires.

 

Approches opposées

Ce procédé narratif est le premier problème du film et celui qui affecte le reste du long-métrage. Le réalisateur tente de relater l’évènement de la plus réaliste des manières à travers les séquences dans le cabinet du ministre, mais les autres personnages évoqués plus haut pâtissent de leur écriture ; biens moins poussés dans leurs émotions et  moins complexes lorsqu’il s’agit de faire des choix, ils trahissent le film et la croyance du spectateur dans leur irréalité. L’on a alors d’un côté des personnages que l’on ressent vivants (le ministre et ses conseillers pour un temps, ils ont existés et on le sait/voit), et de l’autre de simples figures de scénario hollywoodien, trop creux pour permettre au spectateur de s’y attacher. Ce problème, le film ne sait jamais sur quel pied danser, infecte la mise en scène du réalisateur qui se veut proche des héros mais se noie dans une stylisation forcée et assez mal venue (car ne racontant rien sur un sujet pourtant tragique). Le film se débat alors entre des scènes à l’allure documentaire (le cabinet) et une fiction presque héroïque (renforcée par la musique tonitruante) qui va jusqu’à rappeler un blockbuster de Roland Emmerich (Independance Day ou bien 2012).

 

Héroïser la réalité

Néanmoins, si l’on met alors de côté ce traitement hollywoodien de la catastrophe et que l’on se concentre sur le cabinet du ministre, le film vient alors effleurer un sujet très intéressant (qui aurait du devenir le sujet principal), la désinformation. Un personnage demande à un conseiller et indirectement au spectateur : « Comment cacher des infos que l’on a même pas ? ». Le cabinet du ministre devient alors un microcosme constamment en mouvement et le film vient alors dénoncer un flux d’informations qui n’existent pas. Mais au fur et à mesure que l’histoire avance et que les catastrophes s’enchainent, ce ministre loin de tout qui cherche à tort résoudre le problème devient un symbole d’héroïsme se dévouant « corps et âme » à la protection de ses concitoyens. Là où le film aurait pu devenir un discours sur la vacuité humaine face aux catastrophes naturelles, il prend le chemin inverse et glorifie les actions des personnages. Mais contrairement à un blockbuster américain (où l’humain règle le problème) ici rien n’est accomplit, la résolution comme dans la réalité vient de la chance, et alors nous montrer les choix du ministre sous cette angle renforce ce soucis de crédulité de l’ensemble. Le plus important pour le réalisateur semble être de nous faire croire que le personnage a fait du mieux qu’il pouvait (ce que l’on pourrait dire d’un enfant). Réduire un tel évènement à ce simple discours suffit alors pour rendre le film dénudé d’un réel d’intérêt.

Titre original : 「太陽の蓋」プロジェクト

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Durée : 90 mn


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