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Cogan : Killing Them Softly

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Polar âpre et maîtrisé, « Cogan : Killing Them Softly » vient confirmer le charisme de Brad Pitt.

La figure du tueur à gages a toujours suscité une grande fascination auprès de bon nombre de réalisateurs au cours de l’Histoire du cinéma. Que ce soit chez Jean Pierre Melville (Le Samouraï, 1967), John Woo (The Killer, 1989), Luc Besson (Nikita, 1990 ; Léon, 1993) ou encore Jim Jarmusch (Ghost Dog, la voie du samouraï, 1999), il a toujours été mis en scène comme un personnage froid, implacable et moralement ambigü, en proie à des failles et fêlures. Il paraissait donc naturel que l’Australien Andrew Dominik s’y colle lui aussi à son tour. Après avoir abordé le tueur psychopathe dans son premier long métrage Chopper (interprété en 2000 par un Eric Bana méconnaissable) puis le cow-boy hors-la-loi dans son western crépusculaire L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (2007), le cinéaste revient à un énième personnage de tueur ambigü dans son nouveau film, Cogan : Killing Them Softly.

Deux petites frappes braquent une partie de poker organisée par un gangster notoire induisant une série de conséquences graves pour la pègre locale. Les patrons mafieux font appel à Jackie Cogan (Brad Pitt) pour régler la situation qui, peu à peu, se met à dégénérer. À la fois âpre, violent et décalé, Killing them Softly se présente avant toute chose comme un constat amer de la situation des États-Unis et plus particulièrement des conséquences de la crise économique actuelle. Bien que parfois un peu lourdement appuyé, le sous-texte du film demeure néanmoins passionnant et présente une série de personnages en perdition, tous reliés entre eux par le personnage de Cogan, sorte d’ange de la mort décidant du destin de chacun. Du plan d’ouverture du film (un homme marchant au ralenti à travers un décor urbain parsemé d’affiches électorales volantes sur des extraits de discours d’Obama et de Bush en fond sonore) au discours final du protagoniste dans le bar, le message est du film est clair tout en prenant la forme d’un polar agressif. En esthète aguerri, Andrew Dominik fait preuve d’une réalisation à la fois efficace, maîtrisée et poétique tout en ayant recours à une image triste et grisâtre et des artifices de mise en scène tape à l’œil (travellings compensés, ralentis, longs plans à la steadycam…).
 
 

Ainsi, le film nous offre plusieurs très belles séquences et moments de cinéma, à commencer par un assassinat en voiture sous la pluie, une discussion entre personnages sous héroïne ou encore la scène finale du bar, le tout agrémenté d’un casting solide incluant Ray Liotta, James Gandolfini, Richard Jenkins et Sam Shepard. Par ailleurs et une fois de plus, après leur première collaboration dans L’Assassinat de Jesse James, Brad Pitt livre une performance somptueuse nous rappelant définitivement qu’il est un des acteurs les plus charismatiques de sa génération. On regrettera en revanche les longueurs des scènes de dialogues, qui viennent rompre la tension des autres séquences plus violentes. Peut-être pas du même niveau que son précédent film, Cogan : Killing Them Softly a en tous cas le mérite de s’inscrire dans la vague de films des années 2000, ceux qui parlent de leur époque avec une intelligente maîtrise.

Titre original : Killing Them Softly

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Durée : 97 mn


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