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Alain Cavalier – Ross McElwee du 9 janvier au 9 mars au Centre Pompidou

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Cycle Alain Cavalier, RossMcElwee : autoportraits, à la Cinémathéque du documentaire à la Bpi, du 9 janvier au 9 mars.

La Cinémathèque du Documentaire du Centre Pompidou, depuis le 9 janvier, programme jusqu’au 9 mars un cycle consacré aux cinéastes Alain Cavalier et Ross McElwee. “Alain Cavalier, Ross McElwee : Auto-Portraits” se propose de rapprocher et de confronter les oeuvres autobiographiques de ces deux cinéastes représentant deux cultures cinématographiques, l’une nettement française (d’un authentique américanophile), l’autre franchement américaine (d’un francophile avéré). C’est donc à un véritable dialogue entre les deux oeuvres de deux brillants portraitistes que ce cycle, sous la houlette d’Arnaud Hée, programmateur de cette initiative, nous invite.

Pas moins de 13 métrages d’Alain Cavalier seront projetés, tous de véritables merveilles qu’on ne pourra se lasser de revoir – pour les aficionados – et qu’il faudra absolument aller découvrir pour ceux qui ne connaissent pas encore l’oeuvre documentaire de l’auteur de Thérèse (1986), cinéaste qui a renoncé dans les années 70 aux contraintes de l’industrie du cinéma pour se consacrer à des oeuvres intimistes et minimalistes tournées d’abord avec de la vidéo, puis avec des caméras numériques toujours plus miniaturisées. Ne citons dans cette programmation exceptionnelle que le magnifique Portraits d’Alain Cavalier (1987-1991) (24 portraits de treize minutes) rassemblant des portraits de femmes aux métiers aussi différents que la marchande de journaux, la relieuse, l’accordeur de piano, l’écrivain etc…Le portrait consacré à Beatrix Beck est de toute beauté. Cet écrivain, ancienne secrétaire de Gide et prix Goncourt 1952, disparue en 2008, est bouleversant. Toute l’émotion que peut provoquer la douceur de la caméra de Cavalier et son minimalisme, sont là.

 

 

Ross McElwee, dont 9 films sont programmés, est aussi un documentariste de l’intime mais il n’y a pas chez lui le dépouillement extrême de Cavalier. Il est aussi un “auto-portraitiste” et un portraitiste, mais son oeuvre autobiographique s’ancre singulièrement dans un territoire, une terre d’élection, sa terre natale : la Caroline du nord. Il est  un cinéaste de l’espace – en cela un cinéaste typiquement américain – car l’espace c’est l’Amérique, son histoire nous est racontée à travers sa géographie. En sorte que chez McElwee, les histoires particulières qu’il nous narre, la relation qu’il a avec son fils, avec son père – sa sphère familiale et amicale en général -, sont liées à l’histoire du pays, à l’histoire de ce sud jadis esclavagiste. Par le biais de l’intime, McElwee nous parle des Etats-Unis. Mais aussi de la France… Pour ne citer qu’un film dans la programmation consacrée à Ross McElwee, signalons le remarquable Photographic Memory (2011) dans les premières séquences duquel le cinéaste américain revient dans un village de Bretagne (Saint Quay), cinquante ans après y avoir séjourné dans les années 70. Avec cette mémoire retrouvée, cette enquête sur un moment de sa jeunesse, le pont entre Ross McElwee et Alain Cavalier est bel et bien fait. En effet, comment ne pas penser, lorsque McElwee filme sur une simple table de bistrot breton le plan au crayon du Saint Quay de jadis que lui esquisse un habitant du village, à la scène d’une simplicité parfaite dans Lettre d’Alain Cavalier (1982) ou Cavalier filme une simple feuille blanche devisant sur le travail de scénario qu’il se doit d’accomplir pour que son film Thérèse voit le jour ?

 

Backyard (Ross McElwee,1984)

A noter tout particulièrement dans cette programmation très riche, une rencontre “Autour d’Alain Cavalier”, le dimanche 10 février à 17h ou des amis d’Alain Cavalier (amateurs éclairés plus ou moins proches) se réuniront pour explorer le cinéma du maître à partir des années 70.

 

Le programme : https://www.cinematheque-documentaire.org/

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