Night Gallery – L’intégrale de la série – Saisons 1 à 3 – Coffret 11 DVD chez Elephant Films

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Dans la lignée de La quatrième dimension, son créateur Rod Serling nous plonge ici dans une anthologie télé plus proche de l’horreur. Une série télé quasiment inédite en France.

Le visage grave, le ton inquiétant, Rod Serling est un conteur hors-pair qui a stimulé notre imagination en introduisant chaque épisode  – au son de son inoubliable thème musical – de The twilight zone (La quatrième dimension). Bien plus cela, il est le créateur et le scénariste de ce monument télévisuel. Cinq ans après le succès de cette série, Serling se lance, en 1969, dans une nouvelle anthologie, où l’épouvante occupe cette fois-ci une place beaucoup plus importante, aux côtes, de la science-fiction, du mystère, sans oublier une dose d’humour macabre. Curieusement, seuls les deux premiers épisodes ont été diffusés en France.

Comme son nom le suggère, Night Galery s’installe dans un musée dont Serling, va, à chaque début d’épisode mettre en lumière un tableau qui va nous projeter dans un récit nourrit d’ombres et de frissons. Si dans les premiers épisodes, ledit tableau se retrouve dans le décor du récit, il n’est par la suite qu’une rampe de lancement, en lien plus ou moins clairement explicite avec les évènements qui récits.

Chaque épisode est composé de deux voire trois histoires – sauf pour la saison 3. Comme dans de nombreuses anthologies, le niveau n’est pas forcement homogène. La première saison commence de façon un peu déceptive avec une histoire de meurtres pour héritage, par l’entremise d’un tableau qui annoncerait leur sort aux  victimes. Roddy Mcdowall surjoue le cynisme, comme il sait trop le faire. Le deuxième épisode, The Eyes est une merveille. Car non seulement, Joan Crawford, est dans un registre proche de Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?, et, surtout, c’est Spielberg qui est au commande, pour ses premiers pas derrière la caméra. Certes, son style n’est pas celui qui fera son empreinte, mais il multiplie les variations de  cadrages de lumières, travaille les effets sonres et visuels, qui vont sublimer une histoire déjà palpitante sur le papier.

Cette différence de niveau entre les épisodes, a été le reproche formulé par certains de ses détracteurs, tel Stephen King. Mais, permettez-nous de savourer un verre à moitié plein avec beaucoup de plaisir. Si on met de côté, les tableaux très courts, petites  bulles de deux à trois minutes, sans grand intérêt souvent – présentes dans les épisodes qui contiennent trois histoires, la qualité est au rendez-vous. Scénarios et dialogues biens écrits, menés avec peu de moyens  – décors et effets spéciaux  –  du travail bien fait

Parmi les  quatre-vingt-seize tableaux, certains d’entre eux sont de véritables petits bijoux En plus de The Eyes, Dans la première saison, citons The House, envoûtante histoire de fantômes où l’héroïne se voit en rêve. Room With a View, Hitchockien, pas seulement dans le titre, mais aussi dans le ton, avec la divine Diane Keaton. Make, Me Laugh, qui retrouve l’esprit de La Quatrième dimension. Et, They’re Tearing Down Tim Riley’s Bar, boucle temporelle, au ton proche de Capra.*

Dans la deuxième saison, le niveau monte globalement. Ressortent du lot : The Boy Who Predicted Earthquakes où un enfant prédit le pire pour notre planète. récit à la Douglas Trumbull. The Hand of Borgus Weems, variation sur la thématique de La main d’Orlac, avec Ray Milland. Glaçant test psychologique, Class of ’99,  avec Vincent Price, en professeur diabolique.

Point d’orgue de la saison The Caterpillar, Laurence Harvey dans le rôle principal, mise ne scène par Jeannot Szwarc, réalisateur français qui a fait une belle carrière outre-atlantique (Quelque part dans le temps, Supergirl), l’un des plus prolifiques contributeurs de Night Galery. Pour mesurer toute la richesse de cette épisode, qui mieux Guillermo De Torro pour la mettre en valeur, dans un bonus du coffret.

La saison 3 se veut plus concise avec des épisodes, d’une durée quasiment identique (autour des vingt-cinq minutes). Des histoires plus denses. Deux très belles réussites Rare Objects, avec Mickey Rooney, qui commence un film noir de l’age d’or du genre pour brutalement virer dans l’étrange. The Girl with the Hungry Eyes avec Joanna Pettet. Dont le charme troublant nous irradie une nouvelle fois dans cette anthologie. Elle était déjà fascinante dans les deux autres titres cités auparavant pour leurs qualités. : The House, et The Caterpillar, Un quatrième épisode la met également en valeur. Keep In Touch- We’ll Think Of Something, dans la saison. Elle incarne cette ambivalence, ADN de la série, qui maintient les nuits dans la galerie sur une ligne de crête, entre le rêve et le cauchemar. 

Si Night Galery n’atteint pas toujours le niveau qu’on aurait attendu suite à  The twilight zone. elle se positionne dans un registre moins naïf, moins moraliste. Plus grave, plus ambitieuse en terme de frissons, la série se doit découverte , car elle nous réserve de très beaux voyages dans l’irréel.

 

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