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Le traumatisme nucléaire dans le cinéma japonais

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La défaite lors de la Seconde Guerre Mondiale et surtout les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki qui l’accélérèrent reste un traumatisme national et intime profond pour le Japon. La reconstruction passera d’abord par l’oubli puisque parallèlement au renouveau économique et technologique du pays, les souvenirs de ce passé douloureux sont mis au banc de la société […]

La défaite lors de la Seconde Guerre Mondiale et surtout les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki qui l’accélérèrent reste un traumatisme national et intime profond pour le Japon. La reconstruction passera d’abord par l’oubli puisque parallèlement au renouveau économique et technologique du pays, les souvenirs de ce passé douloureux sont mis au banc de la société avec les hibakusha (survivants d’Hiroshima) traités en paria. Il faudra donc compter sur la fiction pour aborder le sujet comme dans Vivre dans la peur d’Akira Kurosawa, et notamment par ceux ayant vécu frontalement le drame avec le manga Gen d’Hiroshima de Keiji Nakazawa adapté plus tard en film d’animation par Mamoru Shinzaki en 1986. Un imaginaire de la destruction où plane ce spectre de l’apocalypse nucléaire plane ainsi désormais dans des genres qu’on penserait éloignés de cette problématique avec le kaiju-eiga Godzilla de Ishiro Honda ou encore Akira de Katsuhiro Otomo. La catastrophe de Fukushima a récemment réveillé ces fantômes, que l’on retrouve dans le cinglant et impressionnant Shin Godzilla de Hideaki Anno et Shinji Higushi. Le devoir de mémoire domine d’ailleurs désormais, notamment avec le magnifique Dans un recoin du monde et son regard intimiste et sensible sur cette période.

 

Bonne lecture avant un prochain Coin du Cinéphile consacré à Robert Mulligan !


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