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Le soleil reviendra

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Pour son onzième film, Cheyenne-Marie Carron revient en force et en beauté.

Petit budget et sans aide d’Etat

Le Soleil reviendra est le onzième long métrage de Cheyenne-Marie Carron. Elle y met en lumière la face cachée et invisible de l’armée : les femmes de soldats. Actuellement, hasard ou choix, de nombreux films sortent qui parlent des soldats et même de leurs femmes, certaines chantent, d’autres pas. On ne peut pas accuser Cheyenne-Marie Carron de surfer sur cette vague car elle pense à ce film depuis fort longtemps. On doit encore une fois aussi saluer ici sa pugnacité, son courage et son talent car elle continue à réaliser de beaux films, sans aide aucune du CNC par exemple, trouvant une partie du budget nécessaire en fabriquant des parfums et des savons. De plus, ses choix toujours radicaux ne sont pas non plus destinés à satisfaire la pensée unique. Cheyenne-Marie Carron est entière, non politiquement correcte, le fait savoir et c’est ce qui nous plaît.

Florence Eugène crève l’écran

Emma, 26 ans, est fiancée à Laurent, un militaire envoyé an Afghanistan pour défendre on ne sait quoi. En attendant son retour, Emma, enceinte, prépare leur future vie de famille, mais Laurent tarde à revenir de mission. Grâce à la force de leur relation et à la complicité d’autres femmes de soldats, Emma parvient à résister. Le film se présente comme une belle étude d’un milieu social, mais nous propose en outre un portrait de femme magnifique, en la personne de l’actrice Florence Eugène qui crève l’écran. Le choix des actrices et acteurs contribue à faire la force du cinéma de la réalisatrice, accompagnée d’une équipe stupéfiante pour un film à petit budget et avec un résultat artistique éblouissant, avec Pierre Chabrier comme directeur de la photographie, deux assistants réalisatrice, un régisseur et même un opérateur Steadycam, etc. Toute cette équipe nous laisse admiratif. « Mon film porte un regard féminin sur l’institution militaire, déclare Cheyenne-Marie Carron dans le dossier de presse du film. Regards de mères, d’épouses, de compagnes, de sœurs. Le Soleil reviendra met en avant les joies des moments partagés aux côtés des soldats, leur fierté et leur amour qui transcende les difficultés de leur situation au côté d’hommes de la troupe comme de sous-officiers ou d’officiers. Comme leurs difficultés, l’éloignement, l’incertitude, les fausses nouvelles, la solitude. Ce film est ma manière de rendre hommage aux femmes, et aux mères peu mises en lumière au cinéma. »

 

 

Une réalisatrice charismatique

On ne dit jamais rien sur les tournages de cette réalisatrice, ni même sur sa volonté pour mettre en place chacun de ses projets, mais on peut analyser avec Florence Eugène la confiance et l’engagement de ses acteurs. Cheyenne-Marie Carron a d’ailleurs déjà engagé Swann Arlaud en 2010 pour Extase et Mélanie Thierry en 2005 pour Sans limite. « Cheyenne est une femme charismatique, déclare Florence Eugène, généreuse, passionnée que j’admire et respecte. Elle sait ce qu’elle veut, le formule et porte ses projets jusqu’au bout. Elle a aussi un côté dragon : une main de fer dans un gant de velours ce qui pour moi est une qualité nécessaire pour être réalisatrice. J’ai beaucoup appris en la regardant réaliser Je me suis sentie à l’aise tout de suite et tout a été très simple. De plus elle aime laisser place à de l’improvisation. » Quant à l’avenir, il s’annonce encore une fois difficile, mais il ne lui reste plus que deux films à réaliser avant de considérer avoir fini sa mission. « Mon prochain film portera sur le syndrome post-traumatique des soldats. Le titre du film sera La Beauté du monde, mais une fois de plus le CNC m’a refusé l’avance sur recette. Alors, j’essaie de monter le film avec de modestes moyens, mais je galère pas mal. », déclare-t-elle dans le dossier de presse.

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Durée : 120 mn


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