Desert Dream (Hyazgar)

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Production franco-coréenne, réalisé en Mongolie par un cinéaste chinois, « Desert Dream » traite de la fraternité humaine : un projet honnête qui aurait mérité un meilleur travail de fond.

Le projet de Desert Dream consiste à réunir dans un même espace deux personnages d’origine et de culture différentes et à observer ce qui peut ressortir de leurs relations.

Hungai vit seul avec sa femme et sa fille dans une yourte dressée entre le désert de Gobi et les grandes steppes mongoles. Le protagoniste est attaché, voire enchaîné à cette terre : il passe son temps à planter des arbres afin de réfréner l’expansion du désert dans les terres cultivables. Soon Hee, de son côté, est une nord-coréenne venue se réfugier en Mongolie. Contrairement à Hungai, elle n’a plus de racines. Après avoir perdu son foyer et son mari, elle erre avec son fils à la recherche d’une terre nouvelle et hospitalière. C’est ainsi que, par un certain concours de circonstances, les deux personnages vont se rencontrer.

Tout en pointant dans un premier temps les différences élémentaires de langues et de comportements, le propos du film prêche dans un second temps l’affranchissement des barrières culturelles. Improvisant des manières de communiquer plus archaïques qui passent par des gestes, des regards et des intonations, les personnages principaux vont peu à peu apprendre à se connaître et à se compléter : Hungai devient un père pour le fils de Soonhee, qui l’aide en retour à reconstituer la steppe avoisinante. Le récit, de fait, se construit en trois périodes : la rencontre, la vie commune et l’éloignement réciproque des protagonistes.

Si l’intention du film s’avère louable et attrayante, Desert Dream, au final, ne parvient malheureusement pas à nourrir son scénario et parait parfois perdre le fondement même de son propos. Le film, en effet, est bien trop long pour un tel sujet (il dépasse de peu les deux heures) – ce qui signifie que certaines scènes répètent ou ne rajoutent rien au sens global du récit. Les relations psychologiques entretenues par les personnages sont données tout en bloc au début et ne se développent pas véritablement par la suite. Presque tout est dit ou fait dès la première heure et rien à la fin n’en modifie la substance. Les événements peinent alors à s’harmoniser dans la durée du film et celui-ci s’engouffre relativement vite dans de vastes étendues monotones et ennuyeuses.

A défaut de raconter une histoire subtilement articulée, le film de Zhang Lu réussit à dépeindre avec une certaine attention le quotidien des habitants des steppes mongoles en s’attardant sur un maximum de détails possibles. Loin de donner l’impression de regarder les choses à distance, le cinéaste chinois semble s’être immiscé dans une culture qui n’est pas la sienne pour faire connaître le mode de vie qui la caractérise. Cet aspect documentaire est souligné par une approche picturale des plus soignées : le réalisateur décline la lumière naturelle des paysages désertiques en plusieurs tonalités de couleurs plus éclatantes les unes que les autres.

Proposant tout à la fois un scénario lacunaire et un remarquable jeu d’images, Desert Dream est un film inégal qui prouve la difficulté de conjuguer au cinéma le travail d’écriture avec celui de la peinture.

Titre original : Hyazgar

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Durée : 130 mn


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