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Breaking away

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Un film plein de charme et de soleil.

Un scénario de Steve Tesich

Déjà distribué en France en 1979 sous le titre La bande des quatre, ce film n’a rien à voir avec la célèbre bande de dirigeants chinois arrêtés juste après la mort Mao Zedong. C’est peut-être pour éviter toute confusion que la société de distribution Théâtre du Temple le ressort en version restaurée avec son titre original. Il s’agit plutôt d’un film qui parle d’un sport difficile à filmer, le cyclisme, mais aussi d’amour, d’amitié et de l’Amérique généreuse et rock de la fin des années 1970. Sur un scénario de Steve Tesich qu’on ne présente plus puisqu’il est l’auteur de deux romans exceptionnels Karoo et Price, maintes fois récompensé comme scénariste et notamment pour ce film même qui recevra l’Oscar du Meilleur scénario original. Il faut dire que Steve Tesich participe lui-même à cette fameuse course cycliste en 1962 et que le film relate. Breaking away, littéralement “se détacher de…”, est donc basé sur l’histoire vraie d’un coureur cycliste américain professionnel, Dave Blase, qui avait gagné la célèbre course des 50 miles de la piste cendrée que l’université d’Indiana organisait chaque année depuis 1951. Cette course nécessitait de réunir une équipe de 4 coureurs cyclistes qui se relayaient au besoin, d’où le titre français du film.

 

 

Un film passionné et passionnant

Interprété par des acteurs magnifiques, dont les quatre jeunes du film devenu depuis des stars (Dennis Christopher, Dennis Quaid, Daniel Stern et Jackie Earle Haley), le film de Peter Yates mérite de connaître maintenant le succès en France, non seulement parce qu’il est vintage, mais surtout parce qu’il est follement enthousiasmant, passionné et nous dépeint un monde où le sport n’était pas alors pourri par le dopage, où les relations humaines paraissaient plus vraies dans ce monde où, pourtant, le clivage entre les ouvriers de la carrière et les étudiants huppés était bien marqué. Le film est aussi très intéressant parce qu’il offre un beau portrait de la jeunesse et de la famille américaine de ces années-là, dans des couleurs sublimes, et des décors à la fois réalistes et mis en scène. Le réalisateur met bien sûr l’accent sur le rôle du jeune cycliste fan de l’Italie, interprété par un génial Dennis Christopher, qui joue vraiment son personnage à fond, que ce soit en famille (avec ses problèmes), en amour ou sur une selle de bicyclette. C’est cette focalisation sur le personnage qui donne toute la dynamique du film qui est aussi bien aidé par les autres qui sont à la fois présents et quelque peu en retrait comme pour mieux mettre en héros le personnage principal, sorte de héros sportif exemplaire.

 

 

Le film préféré de Quentin Tarantino

C’est un film qui rend heureux à une époque où la vie est devenue chaque jour plus difficile, non pas parce que Peter Yates y délivre une vision idyllique de l’Amérique d’alors, mais parce que son film correspond à l’image qu’on se fait du cinéma, à la fois chaleureux, indépendant et très observateur de l’âme humaine. Ainsi peut se comprendre la désillusion du jeune Dave face à la trahison des cyclistes italiens lors de sa première course perdue, mais il ne perd ni espoir en l’amour, ni même dans les langues étrangères, puisque le film se termine sur une autre touche optimiste et comique. Conseillé par des cinéastes américains contemporains, tels que Darren Aronofsky, Paul Thomas Anderson, Quentin Tarantino ou Richard Linklater, comme étant à la fois source d’inspiration et merveille méconnue du cinéma, Breaking away ne devrait pas tarder à trouver enfin son public pour sa ressortie en salles car comment résister à un film dans lequel Dave appelle son chat Fellini ?

 

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Durée : 100 mn


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