Un premier long-métrage
Après un court-métrage, En la piel de Lucía, et une participation à l’écriture de la série Narcos, la jeune mexicaine Mayra Hermosillo a été aidé – notamment par le soutien à l’écriture et au développement du FONCA (Fondo Nacional para la Cultura y las Artes), puis a bénéficié d’une aide du FOCINE pour la production qui a débuté en 2023 – pour la préparation de ce premier long-métrage, original et à l’esthétique série, et très séduisant du moins dans la première heure. Puis, hélas, le rythme s’essouffle et on a peu l’impression de tourner en rond et d’étouffer dans ce microcosme de femmes. Au départ, arrivée à Mexico, Mayra Hermosillo avait le désir de devenir comédienne mais, la chance tardant à se présenter, elle a suivi des formations d’écriture de scénarios et a commencé à écrire, notamment son premier court-métrage. C’est au moment où une carrière de comédienne se présentait enfin à elle, qu’elle était prête à tourner avec son premier long-métrage que l’on découvre aujourd’hui en France après son passage au festival Giornate degli Autori.

Du fantastique au féminisme
Au moment de la préparation de ce qui allait devenir Vanilla, et en tant qu’admiratrice de Guillermo del Toro, la jeune réalisatrice voulait construire un film fantastique mais elle s’en est vite senti incapable et s’est alors tournée vers une histoire plus proche de sa famille et de ses expériences de féministe. D’où l’idée d’un film tournant autour d’un quasi huis clos de sept femmes – cinq adultes et deux enfants – qui vivent dans un appartement qu’on veut leur enlever pour des questions financières. La forme du scénario a subi de nombreuses transformations car, après avoir abandonné le fantastique, la réalisatrice avait voulu parler de l’absence des hommes dans sa famille, mais a finalement choisi d’attaquer frontalement le sujet du féminisme, sa force et ses limites. Ce récit de femmes battantes a quelque chose de familier au sein du cinéma et pourrait être inspiré d’une histoire vraie ainsi que le générique de fin semble vouloir le laisser penser.

Une esthétique élégante mais de style série
Le casting (Bayron Norman et Morena Gonzalez) est particulièrement intelligent puisque les femmes présentes à l’écran incarnent parfaitement leurs personnages et, venues pour certaines de la ville d’origine de la réalisatrice, Torreón, et forment comme une petite famille. La maison aussi est importante et constitue un personnage à part entière. Il faut en outre insister sur la qualité des images (Jessica VILLAMIL, AMC) et le décor magnifique de couleurs (Salvador Parra), ainsi que les costumes (Gilda Navarro). De plus, on sent une réelle union dans l’équipe du film et la réalisatrice insiste bien sur ce point dans le dossier de presse du film. «Pendant le tournage de Vanilla, je pense qu’on a réussi à créer un lien solide entre tout les membres de l’équipe parce qu’on ne communiquait pas seulement sur les aspects techniques. Et j’ai adoré ça. » Malgré toutes ces qualités, le film s’essouffle à peu près au deux tiers et il semblerait que le scénario tourne en rond et devienne un peu mièvre, sauvé in extremis mais de façon maladroite par la participation de la petite Roberta, huit ans, à un concours de « poupées vivantes » où elle se transforme en Lolita du plus mauvais goût. En effet, ça manque pas mal d’hommes dans le film hormis le bon papa épicier et le violeur à la trop sale gueule.






