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Toutes les filles pleurent

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Premier film réalisé par Judith Godrèche, « Toutes les filles » pleurent explore le terrain mélancolique d´une trentenaire en manque d´amour. Déprimant.

Lucie est une chanteuse à cœur ouvert, triste, pensive et larmoyante. Dans la vie, elle aime un homme marié et papa, un lapin offert par une amie lesbienne désespérée, un petit garçon – Joseph – qui n’est autre que son voisin de palier… Bref, elle se sent seule. Naïve, creuse, sensible, Lucie s’envole vers l’ennui à une allure folle.

Lorsque poétique rime avec ennui

Cet ennui n’est pas propre à l’actrice principale du film. L’ensemble de la salle baillait, les yeux lourds, l’esprit ailleurs. Tous les acteurs, de Pierre (Eric Elmosnino, formidable ailleurs en Gainsbourg) à Jean (Maurice Barthélémy, ancien des Robins des bois, compagnon de Judith Godrèche dans la vie), sans oublier les deux enfants au teint de porcelaine ont sans doute été castés pour incarner des personnages sans vie, que le temps a marqué de son empreinte – cernes, visage terne, sourire aux oubliettes.

On comprend la poésie qui se dégage de l’histoire, sans doute parfaite sur le papier. Mais à l’écran, c’est le désert des sentiments, des ressentis, du vécu : malgré un bon casting, la complicité entre les amoureux et la volupté des paroles prononcées laissent sur sa fin.

Un scénario léger

La joue de Judith, le profil de Judith, les yeux de Judith, les hanches de Judith… Judith est donc elle-même pour incarner les filles en général, trop romantiques, à fleur de peau, amoureuses, fragiles et patientes. Pour son premier film, l’actrice donne trop d’elle-même, sans résultat. S’ajoute à ce scénario déjà vu et creux une musique composée par Julien Doré, sans originalité, à coups de piano et de voix suaves. Une seule envie, s’échapper de la salle de cinéma pour ne pas subir le même sort que les personnages : la perte de toute joie, de toute vie, de la moindre émotion. La caméra, très sensible elle aussi aux mouvements du temps et des acteurs, ne suffira pas non plus de son côté à palier les manques d’un scénario sans originalité.

Malgré une envie de cinéma d’auteur à la française, malgré une musique qui se voulait intime, parisienne, enivrante (nombreux sont les morceaux de Benjamin Biolay), Toutes les filles pleurent est une ébauche de film au scénario inachevé et incomplet. Peut-être Judith Godrèche aurait-elle gagné à  choisir une autre actrice qu’elle-même, plus adaptée à ce rôle tout de silence et de sous-entendus. Peut-être aussi que le côté long et caricatural du film ne rebutera pas les plus patients des spectateurs… Pas sûr.

Titre original : Toutes les filles pleurent

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