Projet X

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Les rois de la fête façon teen-movie. Bien baveux.

Avec son histoire de lycéens paumés décidés à organiser une fête « d’anthologie » qui va malgré eux virer à la catastrophe, Projet X a des allures de vidéos Youtube d’apéro géant projetés sur grand écran. S’inscrivant dans cette vague parfois un peu vaine qui voit se multiplier les fictions construites sur un soi-disant filmage amateur effectué par les personnages, et prétendant proposer un montage d’images « trouvées » ou postées sur le net (Diary of the dead, Rec, Cloverfield, Paranormal Activity, le récent Chronicle…), il use de ces artifices dans le seul but d’introduire le spectateur « dans la place », de forcer la convivialité en prolongeant l’euphorie perceptible dans l’image jusque dans la salle. Mais le cumul de blagues bien lourdes et de gags un peu idiots s’avère très vite indigeste. Le filmage aussi. Le montage aussi…

Produit par Todd Phillips (réalisateur de Very Bad Trip), le film suit grosso modo un crescendo vers plus de « délire » et de spectaculaire, mélangeant curieusement dans son final l’esprit vidéo-gag passé à la moulinette MTV qui présidait jusque-là avec des images de film catastrophe (mouvements de panique, explosions, incendies, survol en hélicoptère d’une zone sinistrée). Tout ça avec une caméra qui bouge pour faire comme si on y était : le regard est imbibé, les couleurs dégoulinent. Dans la tête de lycéens lubriques du début à la fin, le film est empreint d’une volonté d’afficher un mauvais goût certain. Par là même, il revendique une certaine folie, un côté totalement débridé, en roue libre. Mais ne sachant jamais véritablement quoi faire de ce désir, il ne parvient pas à produire autre chose que des images de fêtards au regard troublé par les substances ingérées, auxquelles viennent s’ajouter nombre de séquences clipesques façon MTV au sens le plus ordinaire du terme (avec le côté foncièrement machiste que cela implique) et un goût pour l’insolite qui frise le malsain grotesque et gratuit (entre autres, l’épisode du nain). Tout ça est dans le fond très convenu. La transgression très ordinaire, et l’imaginaire triste et pauvre.

Mais l’enjeu ne se trouve-t-il justement pas dans cet écart entre la fin (minime) et les moyens mobilisés (importants) ? Les personnages dansent, boivent, vomissent, se relèvent, dansent à nouveau, s’écroulent parfois, se relèvent encore. Les échecs et les déceptions se multiplient, mais ils parviennent à rester debout, et même à s’élever (sur le toit de la maison notamment). C’est en quelque sorte un héroïsme de la fête que le cinéaste cherche à figurer. Un héroïsme du presque rien (aller « jusqu’au bout de la nuit ») soutenu par une énergie démentielle : 2000 personnes dans un espace réduit, un mouvement auquel chacun participe, et qui ne s’arrête jamais, la musique à fond. Le problème est que la dynamique ne prend pas. La progression semble forcée, remplie d’épisodes bouche-trou qui ne sont là que pour garantir sa durée au long-métrage. Bref, rien ne va, et ce sont l’ennui et l’indifférence, seuls, qui triomphent.

Titre original : Project X

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Durée : 97 mn


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