Manipulation (Deception)

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Un comptable dont la vie est d´une triste banalité découvre un club secret de rencontres sexuelles. Sa vie va s´en trouver bouleversée. Un changement pour le moins radical qui va l´entraîner dans un engrenage infernal… jusqu´à commettre le casse du siècle.

Manipulation – de son titre d’origine Deception – est le premier long métrage de Marcel Langenegger, publiciste originaire de Suisse. Son scénario, complexe, révèle le goût prononcé du réalisateur pour un certain classicisme hollywoodien, et dépeint à grandes lignes les grands clichés de la dramaturgie du Caper movie, et des films où la manipulation est au cœur du sujet.

La triade d’acteurs très intéressante vient conforter ce point de vue : on retrouve ainsi Ewan McGregor dans le rôle du comptable manipulé, et Hugh Jackman (connu pour son rôle de Wolverine des Xmen) dans celui du manipulateur. Michelle Williams (I’m not there, Brokeback mountain, Land of plenty) campe quant à elle la femme fatale et fragile, le blond objet de la manipulation…

Filmé à la fois en 35 mm (scènes de jour et studios) et en digital HD (scènes extérieures de nuit), Manipulation est, de fait, un film hybride qui étoffe la vision que l’on a du polar : cette esthétique pourrait appartenir à celle de la télévision, comme en témoigne l’image des Experts, produit par Jerry Bruckeimer pour la CBS. L’intérêt majeur du HD réside ici dans le rapport de l’image à la profondeur de champ, lequel offre une vision très forte de l’univers nocturne d’une ville comme New-York. Le bruit numérique dans l’image, que l’on doit au chef opérateur Dante Spinotti (qui a beaucoup travaillé avec Michael Mann), donne également une touche très esthétisante au film.

Il annonce surtout un net changement de l’image moderne. Les capteurs numériques étant plus sensibles à la lumière, ils impliquent en effet un ajout moindre de lumières artificielles, ce qui donne ainsi une touche plus réaliste aux ambiances nocturnes de la ville.
Le grand défaut de cette production réside finalement dans sa musique. Celle-ci submerge la bande son et gâche d’une certaine manière un film qui, sans cela, aurait pu être d’une grande qualité. L’ambiance nocturne se trouve ainsi déifiée, à la manière d’un film noir.

La musique ne vient pourtant que conforter une réalisation par ailleurs tonique. Inspiré par le travail de publiciste du réalisateur, Manipulation laisse transparaître une certaine peur du vide. Ces compositions de Ramin Djawadi (Blade Trinity, Iron Man) qui se situent entre la lignée du symphonisme hollywoodien (à la manière de John Williams) et la pop, prennent trop d’espace et ne laissent que peu de liberté à la bande son.
Langenegger a manifestement des choses a dire. Sa direction d’acteurs ainsi que son association avec Hugh Jackman laissent globalement présager de bons résultats à venir dans ce genre qu’apprécie Hollywood. Il lui appartiendra néanmoins de prêter davantage d’attention à sa bande son et d’éviter de la noyer dans un brouhaha musical de mauvais goût, à l’image de cette pseudo pop symphonique et larmoyante, que l’on retrouve dans un grand nombre de productions Hollywoodiennes, et qu’il serait temps d’éradiquer.

Titre original : Deception

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Durée : 108 mn


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