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Life during wartime

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Prix du Meilleur scénario à la Mostra de Venise, « Life during wartime » explore les malheurs d´une famille juive américaine atypique. Un père pédophile, une mère obsédée, des enfants sous prozac, on rigole doucement tout en réfléchissant à ce que sont devenues notre société et nos valeurs. Du Todd Solondz, tout en finesse et désarroi.

La peur au ventre

98 minutes de sourire, ou plutôt de moqueries, quelques passages longs, propices à la réflexion, des incompréhensions, un sentiment de déjà-vu. Life during wartime nous plonge dans une Amérique profonde troublée par Bush, inquiète de la montée en puissance de la Chine, dépendante de ses antidépresseurs et ne sachant plus élever ses enfants contre la peur et loin des pédophiles. Ce film, critique acerbe de la société américaine, s’inscrit comme la suite logique de Happiness (1998), autre long métrage de Todd Solondz, déjà signe de sa capacité à troubler les esprits.

Un portrait de famille décalé

Au sein de cette famille, trois sœurs : Joy, Trish et Helen. La première, incarnée par Shirley Henderson, squelettique et fragile comme la porcelaine, s’interroge sur l’avenir de son couple avec un fou pervers et violent. Décidée à faire le point pour sauver son mariage, Joy s’envole pour la Floride où sa famille l’accueille – mais aussi des fantômes. Pour Trish (Allison Janney), la vie est belle. Mariée à un pédophile en prison, annoncé comme mort à ses enfants, elle découvre à nouveau l’amour auprès d’un petit gros gentil, juif lui aussi, provoquant un désir fou au moindre contact – même du coude. Dîner en amoureux, nuit idyllique dans un motel, nouveau père pour son fils en âge de devenir un homme, Trish nage en plein bonheur. Quand à Helen (Ally Sheedy), mariée à un célèbre acteur et résidant dans une villa avec piscine et personnel, tout paraît compliqué. Une chose est sûre, l’argent ne fait pas le bonheur.

Le pardon, une solution ?

Sur un ton sarcastique et décalé, Todd Solondz illustre les vices et les craintes d’une famille unie mais que tout sépare. Habitant la Floride, mariée mais ratée, la vie des trois filles se résume à un échec face à l’amour et au bonheur. Tête pensante de ce tableau, le fils de Trish, aborde la question de la religion et du rapport entre les hommes. Faut-il tout accepter dans la vie, ou décider de dénoncer ce qui la perturbe ?
Le scénario et les rôles hors du commun des acteurs dressent en substance le tableau glauque et dramatique de l’Amérique avant Obama, l’Amérique anti-gay et aux valeurs folles, sans repères, obnubilée par l’argent et le soleil. Une chose est sûre, ce film n’est pas une comédie, il a même tendance à faire peur.

Titre original : Life During Wartime

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Durée : 98 mn


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