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Les regrets

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Je t´aime, moi non plus. Fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis. Non, mais oui. Trois phrases pourraient suffire à résumer le nouveau film de Cédric Kahn, Les Regrets. Deux êtres passionnels décident de s´aimer à nouveau, mais jamais au même moment. Avec Valeria Bruni Tedeschi, Yvan Attal, Philippe Katerine et Arly Jover.

Ne vous étonnez pas de cette accroche : le film présenté en salles par Cédric Kahn est un film d’action. Entre la campagne et la ville, entre les allers-retours en train, les courses contre la montre en voiture, les conversations endiablées au téléphone, toute l’histoire se déroule dans l’agitation et le mouvement. Mathieu (Yvan Attal) et Maya (Valeria Bruni- Tedeschi) se sont aimés il y a quinze ans. Ils se croisent, une route les séparant, dans la ville d’enfance de Mathieu. Ils se regardent, mais n’osent pas se parler. Pourtant, laissant son envie dépasser sa raison, Maya fait de tête le numéro des parents de Mathieu. La mère de Mathieu est à l’hôpital, elle va mourir. Jusque là, rien de très enthousiasmant. Marié, il se retrouve seul pour affronter la douleur, sa femme étant obligée de travailler. Circonstances favorables ou malédiction amoureuse, les deux amants se voient, font l’amour sauvagement, oublient le temps et les blessures pour profiter de l’instant présent.

Les regrets, est-ce un choix judicieux pour ce film ? Deux amants qui refusent de s’aimer en même temps, qui se confortent dans leur vie mariée et rangée, n’est-ce pas déjà vu ? On pense à Truffaut avec La Femme d’à côté (1981), même si l’allusion reste légère. On évoque plus récemment toute cette vague de réalisateurs désireux de mettre en scène une histoire d’amour impossible. Seulement voilà, Les regrets n’est en aucun cas une histoire d’amour. C’est une histoire passionnelle, sans fin et sans réalité, où deux êtres qui se disent amoureux découvrent leur incompatibilité quotidienne. Ils sont mariés et raisonnables. Ils se rendent compte que leurs vies sont monotones et qu’ils manquent de folie. Du coup, ils vivent leurs pulsions sexuelles et sensuelles de manière intense, sans réfléchir au lendemain. Point positif du film, les scènes d’amour sont belles, réelles et vivantes. Et de ce fait, le contraste avec les autres scènes du film est fort, on s’ennuie un peu, on ne vit pas l’histoire qui arbore des aspects fades et dénués de charme.

Yvan Attal joue ce rôle d’homme impulsif, guidé par ses envies, ses folies, ses besoins sexuels. Il se dit aimer Maya mais sait qu’au fond de lui, il ne contrôle rien. Le film a le mérite d’aborder ce sujet un peu délaissé par le cinéma ces derniers temps : la masculinité et sa décadence. Même si les stéréotypes sont nombreux – l’homme nerveux et la femme passive –, Kahn donne à voir les peines et les souffrances d’un homme qui se laisse aller dans le domaine de l’amour, trop souvent limité à la gente féminine. Pourquoi alors ne pas avoir abordé cet aspect du film de façon plus frontale ? Beaucoup de choses sont montrées, la mort, l’amour, la passion, l’ennui, la folie, le sexe. Le spectateur se laisse donc guider par le rythme soutenu du film, sans trop se poser de questions. Les trois scènes successives (trois visages de Maya dans le train, trois verres de vin qui se remplissent à la table où est assis Mathieu) donnent à l’histoire un rythme plus soutenu. Cédric Kahn a-t-il voulu jouer avec le temps dans son film ? Mystère. Espérons en tout cas qu’il n’ait pas simplement voulu raconter une banale histoire d’amants…

Titre original : Les regrets

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Durée : 105 mn


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