Le Lendemain

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Ou l´histoire de sentiments adolescents bousculés, entre passé et présent. Surprenant.

Le Lendemain est le premier long métrage du réalisateur suédois Magnus von Horn, formé en Pologne au 7ème art et véritable nouveau talent du cinéma européen. Ce film, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes l’année dernière, raconte sans grands dialogues le retour à la maison de John, un adolescent condamné pour un faute intolérable, inexcusable, inconcevable. Dans sa maison d’hommes, avec son père, son grand-père, son petit frère, John retrouve les fantômes de son passé et il doit affronter ses camarades de classe, ses voisins et sa communauté – qui le détestent et ne cessent de le lui montrer.

Avec un talent fou, le réalisateur met en scène une série de sentiments, l’amour, la haine, l’attachement, le regret, sans une seule fausse note ni mauvais goût. Très bien réalisé, Le Lendemain nous emporte dans le quotidien froid et glauque de cet adolescent blond et pur d’apparence, cruel et faible d’esprit – soi-disant. Chaque détail, chaque scène met à mal les rapports entre les personnages, et nous amène à une certaine proximité avec John et sa famille. Comprendre, se questionner, pardonner, tout est question de point de vue. Magnus von Horn arrive avec une certaine facilité à mettre une distance avec le jugement que l’on pourrait avoir dans un premier temps de cet adolescent qui a fauté. Mais non, justement, la force du film réside dans la capacité du réalisateur, comme un Haneke ou un Gus Van Sant, à raconter une histoire, une tranche de vie, sans ajout futile ou plan superficiel.

Comme pour son moyen métrage Neige Tardive, Magnus Von Horn traite l’adolescence avec finesse, avec une connaissance presque psychologique. On sent de l’expérience, du vécu dans ses films, des souvenirs, des douleurs encore très présentes. Pour son premier rôle, Ulrik Munther – star de la chanson dans les pays scandinaves – nous prouve que sur grand écran, il est tout aussi expressif et scotchant. De quoi nous donner envie d’une suite, ou d’un prochain long métrage avec son nom au casting.

Titre original : Efterskalv

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Durée : 101 mn


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