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Le grand alibi

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Quoi de mieux qu´un roman d´Agatha Christie pour entamer une nouvelle partie de Cluedo au cinéma ? En maître du jeu, Pascal Bonitzer a élu « Le grand alibi » pour scénario, adaptation de « The Hollow », intrigue mi-policière mi-sentimentale.

8 femmes tour à tour étaient suspectes, dans le huis-clos éponyme de François Ozon. De nouveau, chez Pascal Bonitzer, huit meurtriers potentiels gravitent autour du corps d’un homme. Huit pions et une seule arme. L’affiche du dessinateur Floc’h résume la situation. Celui à qui l’on doit les affiches de On connaît la chanson d’Alain Resnais ou encore, d’Harry dans tous ses états de Woody Allen, certifie l’identité « cluedo » du Grand alibi. Mais qui a tué Pierre Collier (alias Lambert Wilson)? Un matin, son cadavre est retrouvé près de la piscine. A ses côtés, son épouse (Anne Consigny), qui tient une arme, et sa maîtresse (Valeria Bruni Tedeschi), qui la lui arrache des mains. La suspecte flagrante est bientôt innocentée. Les soupçons circulent alors de personnage en personnage…

Pascal Bonitzer, dont c’est le premier film de commande, a tenu à « franciser » le scénario. L’histoire se déroule à notre époque, non loin de Paris, dans une famille aisée. Henri Pages (Pierre Arditi), est sénateur et grand amateur d’armes à feu. Lui et son épouse Eliane (Miou-Miou), aiment à organiser des week-ends dans leur luxueuse demeure campagnarde. Les codes du genre semblent respectés : un manoir, une pléiade de personnages ambigus, et une bande-son violonante. Coups de feu et portes qui claquent assurent le rythme entre les séquences. Le montage peut bien se vanter d’effets recherchés, le rythme s’essouffle tout aussi rapidement. Passées les premières minutes de l’enquête, le film semble se diluer dans les dialogues et les histoires d’amour. La tension créée est trop faible pour attiser la curiosité et l’esprit « cluedo ».

Seules les joutes verbales échangées par les personnages provoquent l’intérêt. Le duo Miou-Miou / Arditti impulse avec délice le ton cynique de l’histoire. Leurs querelles de vieux couple parvient, parfois, à faire basculer le film dans la théâtralité (la scène de la chambre à coucher aurait parfaitement été transposable sur les planches). Malgré des répliques aussi claquantes que les transitions, l’attention a du mal à suivre. Le mystère autour de chaque suspect aurait mérité de s’attarder un peu plus. Le personnage de Pierre Arditi a beau surnommer affectueusement ses revolvers, sa personnalité n’en reste pas moins ébauchée. Le grand alibi n’a rien à voir avec son homonyme hitchcockien. « Le titre s’est imposé à moi, car c’est le paradoxe même sur quoi le film se fonde » explique Pascal Bonitzer. Paradoxe dont sont habités les personnages et les suspicions successives dont ils font l’objet.

Le film se range à la suite des précédentes adaptations cinématographiques françaises d’Agatha Christie, dont la dernière en date, L’heure zéro de Pascal Thomas. Davantage excuse scénaristique pour faire se rejoindre une équipe d’acteurs de renom, le suspense tant attendu et la mise en haleine peinent généralement à s’imposer.

Titre original : Le Grand alibi

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Durée : 93 mn


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