La vie intérieure de Martin Frost

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Paul Auster, écrivain reconnu, revient pour la troisième fois derrière la caméra. Après Brooklyn Boogie (1995) et Lulu on the bridge (1997), l’écrivain américain adapte encore une fois l’un de ses romans et nous présente La vie intérieure de Martin Frost. Porté à l’écran par le couple que forment David Thewlis et Irène Jacob, le […]

Paul Auster, écrivain reconnu, revient pour la troisième fois derrière la caméra. Après Brooklyn Boogie (1995) et Lulu on the bridge (1997), l’écrivain américain adapte encore une fois l’un de ses romans et nous présente La vie intérieure de Martin Frost. Porté à l’écran par le couple que forment David Thewlis et Irène Jacob, le film n’en sort que très peu convaincant.

Martin Frost, romancier à succès, décide de se retirer dans une maison de campagne prêtée par des amis. Il souhaite s’y reposer, ne rien faire et ne surtout pas écrire. Mais c’est sans compter sur la présence de Claire Martin qu’il découvre dans son lit au lendemain de son arrivée. Celle-ci n’est pas une simple femme mais représente ni plus ni moins sa muse, envoyée (par une sorte d’entité mystérieuse) auprès de lui afin qu’il trouve l’inspiration nécessaire à son futur roman. Mais plus il écrit, plus il avance dans son œuvre et plus la muse s’éteint, perd de ses couleurs et se fane. Quelle douce histoire, ironie du sort.

L’idée de départ qui consiste à faire se rencontrer un artiste et sa muse aurait pu être intéressante. Malheureusement, elle devient très vite ennuyeuse.
Le jeu, d’Irène Jacob en particulier, est des plus maladroits. Elle ne cesse de surjouer, d’accentuer les sourires à l’extrême et de gémir plus qu’il n’en faut lorsque la mort de la muse approche. Les émotions semblent très fortes sur l’écran mais le spectateur ne ressent rien. Aucune de ces émotions ne traversent véritablement la toile.
De plus, la mise en scène tâtonne tout au long du film. Elle avance, recule, sans réellement savoir où elle va, dans quelle direction elle se dirige, comme si le réalisateur ne savait pas lui-même quelle tournure donner à son film. La mise en scène est souvent malhabile, à la limite du ridicule comme ces nombreux ralentis en noir et blanc qui sont là pour nous remémorer certaines scènes passées. La finesse n’est pas au rendez-vous, l’insistance oui. La musique qui accompagne nos deux héros se contente de quelques notes de piano se répétant, accentuant ainsi le côté mièvre de l’histoire.

Heureusement, les personnages de James Fortunato et Anna James (on remarquera que chacune des muses a pour nom le prénom de l’artiste à inspirer), interprétés par Michael Imperioli et Sophie Auster (fille du réalisateur), donnent un peu de fraîcheur et de légèreté à ce film qui en avait bien besoin. Mais ce n’est pas suffisant. Ils ne peuvent à eux seuls porter tout le film qui reste fade et soporifique.

Titre original : The Inner Life of Martin Frost

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Durée : 94 mn


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