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Julia

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Difficile variation sur le thème du destin, Julia, d’Erick Zoncka, se perd malheureusement dans le désert de son personnage.

Après la perte de son emploi, Julia, femme alcoolique à la dérive, suit, sur les conseils d’un ami, des réunions pour alcooliques. Elle y rencontre, bon gré mal gré, une mère névrosée qui ne rêve que de récupérer son enfant ; et se laisse convaincre d’aller kidnapper Mitch, ce petit garçon de 8 ans. Le rapt puis la fuite de Julia et de Mitch, motivée par une hypothétique rançon, tourne rapidement au pathétique. L’argent symbolise l’espoir d’une vie nouvelle et meilleure. Julia devient aveugle sur son comportement, notamment à l’égard du jeune Mitch. Poursuivit par le grand-père de Mitch, l’héroïne s’enfonce dans une fuite en avant incontrôlable.

L’alcool détruit la conscience d’un être. Le personnage dévasté de Julia ne possède plus cette conscience affective et émotionnelle. Julia est blessée, désabusée. Le caractère, devenu presque malsain, de sa personne dérive inexorablement. Ce portrait pourrait être intéressant s’il révélait les motifs inhérents à cette dérive. Cependant, contrairement à La Vie rêvée des anges, Erick Zoncka n’effleure, dans Julia, que trop peu la vie de son personnage. Le road-movie devient davantage un prétexte, un fait divers, qu’un moteur du destin de Julia.

Au fil des minutes, la trame narrative semble obsedée par le personnage de Julia (Tilda Swinton), délaissant malheureusement les thèmes fondateurs de départ, alcoolisme, dépression, quête personnelle. Jusqu’à la scène finale, Julia nous impose cette vision noire, oubliant certainement l’essentiel affectif de la vie.

Sensuel sur la forme, le film déçoit davantage par la peinture maladroite de la conscience de cette femme, Julia.

Titre original : Julia

Réalisateur :

Acteurs : , ,

Année :

Genre :

Pays : ,

Durée : 140 mn


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